par Jacky Barozzi • 22 octobre 2026
« La Gradiva » de Marine Atlan, avec Antonia Buresi, Colas Quignard, Suzanne Gerin et Mitia Capellier-Audat. Les films sur l’adolescence sont terriblement casse-gueules ! Cette période de la vie, où les questions existentielles et les sentiments surgissent dans toute la puisssance de leur primauté, ne supporte guère l’à-peu-près. Aussi convient-il de se réjouir quand, comme celui-ci, le film est réussi ! Plaisir accru ici par la découverte d’un premier long métrage d’auteur et la fraîcheur de jeunes acteurs vierges de toute apparition antérieure, à l’exception notable d’Antonia Buresi, remarquable dans le rôle de la professeur. Sur les pas d’un groupe de lycéens français et de leur accompagnatrice, Marine Atlan, nous emmène en voyage scolaire à Naples pour découvrir les ruines de Pompéi, ses fresques multicolores et ses corps pétrifiés par le Vésuve, ainsi que la splendeur des sculptures antiques de son célèbre Musée archéologique national et nous entraîne dans leurs pérégrinations à travers les rues grouillantes et chaotiques de cette cité sans pareil. Le scénario, la justesse des dialogues, la violence des sentiments et la beauté des paysages ont permis à « La Gravida » (que l’on peut traduire par « Celle qui marche ou qui avance »), d’emporter, à juste titre, le Grand Prix de la Semaine de la Critique au Festival de Cannes 2026. Mais par quel étrange hasard, ce film qui aborde frontalement les angoisses de jeunes élèves dont le destin est suspendu aux réponses de Parcoursup sort-il sur nos écrans en pleine vague de manifestations lycéen.nes, plaçant ainsi ce film générationnel au coeur de l’actualité ? Il faut dire que les éruptions volcaniques, comme les drames personnels, nous surprennent toujours au moment où l’on s’y attend le moins ! h ttps://www.youtube.com/watch?v=yUywJSrVu8w
par Jacky Barozzi • 17 octobre 2026
« Minotaure » de Andreï Zviaguintsev, avec Dmitri Mazourov, Iris Lebedeva, et Boris Koudrine. On ne peut pas dire que ce soit le meilleur film du réalisateur de « Léviathan »(2014) et de « Faute d'amour » (2017), ni le plus original, puisque il s’agit d’un remake de « La Femme infidèle » (1969), de Claude Chabrol. Mais cela reste néanmoins une oeuvre fascinante, où l’on retrouve la patte narrative singulière de Andreï Zviaguintsev, récompensé du Grand Prix du Jury au dernier festival de Cannes. Le drame conjugal sur fond de dénonciation de la bourgeoisie française des Trente Glorieuses est transposé ici dans un coin de Russie reconstituée, à l’aube du conflit avec l’Ukraine, dans une famille représentative d’oligarques d’aujourd’hui. Un sujet pas forcément exaltants, puisque le bonheur de quelques privilégiés se paye ici du malheur de tant d’autres : l’amant opportun où les chômeurs engagés à la dernière minute pour remplir le quota d’employés devant partir à la guerre. Le père de famille de notre histoire, tel le héros de légende, parviendra à sortir sa famille du labyrinthe poutinien, grâce son sens inné de l’adaptation au réel, son savoir-faire de chef d’entreprise et son réseau bien entretenu de bonnes relations. Un égoïste rusé, qui parviendra ainsi à retrouver l’amour de son épouse et l’estime de son fils. Pas très moral, cet Ulysse orthodoxe, dans un monde chaotique où la religion ne fait déjà plus que de la figuration ! Mais on peut aussi se demander par quel opportunisme politique le film du cinéaste russe, exilé en France depuis plusieurs années, a-t-il été choisi pour représenter notre pays aux Oscars ? h ttps://www.youtube.com/watch?v=Nh5CxJUiMIQ 
par Jacky Barozzi • 14 octobre 2026
Gaza mon à mort « NAZA » de Yuval Abraham et Rachel Szor. J’ai enfin pu voir Naza et comme tous ceux qui ont assisté aux projections, désormais je ne pourrais plus dire que je ne savais pas. Le film documentaire des journalistes israéliens Yuval Abraham et Rachel Szor, primé à la Mostra de Venise, est construit autour des témoignages de 24 soldats et officiers du renseignement israélien. Placés à des postes très convoités, ces jeunes gens généralement issus de la bourgeoisie supérieure de Tel Aviv, plutôt de gauche, nous donnent à entendre et à comprendre quelle fut la réponse du gouvernement de Benjamin Netanyahou et de l’armée israélienne à la suite des massacres du 7 octobre par le Hamas. Rien de plus ni de moins qu’un génocide programmé ! Tous les Gazaouis plus ou moins liés au Hamas furent identifiés et localisés grâce à leurs portables et, à l’aide le l’IA, ciblés pour être massacrés chez eux, au sein de leur famille. Les Nazas, acronyme de « nezek agavi » terme neutre traduisible par « dommages collatéraux » désignant les parents, conjoints et enfants des personnes visées. Curieux mot-valise où l’on entend Nazi et Gaza. Comment passe t-on de victime à bourreaux ? Après ça, que dire, que faire, face à ceux qui ne veulent ni voir ni entendre et aux responsables toujours en situation ? h ttps://www.youtube.com/watch?v=jvDM9zb4v2Y 
par Jacky Barozzi • 10 octobre 2026
« Ni vue, ni connue » de Marc Fitoussi, avec Isabelle Huppert, Sandrine Kiberlain, Anne Marivin, Ana Girardot, Diane Kruger, Emmanuelle Bercot, Vincent Dedienne, Thomas Jolly et Bernard Verley. C’est un film sur l’envers du décor au cinéma mais ce n’est pas « La Nuit américaine » de François Truffaut. C’est un film au casting féminin impressionnant mais ce n’est pas « Huit femmes » de François Ozon pour autant. C’est un film axé principalement sur un duo débridé de deux superbes comédiennes à fort caractère mais ce n’est du Pedro Almodovar non plus. Disons que plus qu’un film d’auteur c’est un film de bon faiseur. Prenez deux actrices bankables que le public sera heureux de retrouver : Isabelle Huppert et Sandrine Kiberlain. Le personnage interprété par la première, Corinne Maclou, est l’exact contraire de ce qu’Isabelle Huppert est dans la vie, une éternelle silhouette des plateaux de cinéma qui, parvenue à l’âge de la retraite, rame encore pour entrer dans la lumière des projecteurs. Tandis que la seconde est telle qu’en elle-même, une comédienne reconnue et multi récompensée, avec Oscar et Molière à son palmarès. Ici, Isabelle Huppert, sur le tournage d’une énième version de Madame Bovary, dont elle a tenu jadis le rôle titre, est une simple marchande de quatre saisons au marché de Yonville. Tout le comique de situation repose sur cette évocation, en négatif, de sa carrière. Ce qu’elle aurait pu être mais qu’elle n’a jamais été. Comme un hommage de la star aux sans grades de la profession. Un personnage improbable car Corinne Maclou partage avec son modèle l’intelligence du métier et la qualité d’émotion de son jeu. Là, où Sandrine Kiberlain ne démérite pas dans le rôle de l’actrice célèbre, Isabelle Huppert rayonne dans le contre-emploi. Une fable taillée sur mesure pour Isabelle Huppert, dont la morale voudrait qu'il n'est jamais trop tard pour réaliser ses rêves et apporte un peu d’humanité dans l’univers impitoyable du cinéma ! https://www.youtube.com/watch?v=JAV7dDP1bas
par Jacky Barozzi • 1 octobre 2026
« Notre salut » de Emmanuel Marre, avec Swann Arlaud, Sandrine Blancke, Harpo Guit et Mathilde Abd-El-Kader. Qu’aurions nous fait en 40 ? Même si l’on aurait tendance à s’imaginer du côté des résistants, comment être sûr que l’on n’aurait pas glissé sur la pente savonneuse de la collaboration ! Pour Henri Marre, l’arrière-grand-père de Emmanuel Marre -qu'il n'a pas connu et qui est mort solitaire à Cannes-la-Bocca au début des années 1960-, la question ne se posa pas. Enfant de bonne famille bourgeoise, patriote convaincu, auteur d’un traité politique édité à compte d’auteur, « Notre Salut », le Maréchal Pétain fut l’homme providentiel qu’il attendait. C’est ainsi qu’après avoir dilapidé dans des affaires douteuses sa fortune et surtout celle de sa femme, il débarqua sans le sou, à l’orée de la cinquantaine, à Vichy. Loin de son épouse et de leurs trois grands enfants, nous le découvrons particulièrement déterminé à trouver, coûte que coûte, l’emploi qu'il estimait lui revenir de droit au sein de la nouvelle administration mise en place dans la France de la débâcle. Revanche ou opportunité ? L’anti héros du film de Emmanuel Marre est l’exact contraire du De Gaulle du triptyque d’Antonin Baudry, présenté en hors compétition au Festival de Cannes 2026. En compétition, son film y a créé l’évènement, ratant de peu la Palme d’or, mais obtenant en lot de consolation, le Prix du scénario. Premier long métrage, écrit et réalisé par Emmanuel Marre, qui avait jusqu’alors co-réalisé avec Julie Lecoustre « Rien à foutre » (2020), avec Adèle Exarchopoulos, « Notre salut » est tout à la fois un film historique, un biopic, un film d’amour et un film littéraire : la correspondance passionnée entre Henri Marre et sa femme en structure le scénario et lui donne toute sa dimension de film d’auteur. Une oeuvre intimiste et personnelle, tout autant qu’historique et morale, où il ne s’agit pas pour le spectateur de juger mais de comprendre et de se projeter. Un superbe travail de cinéaste, filmé caméra à l'épaule, aux gros plans et cadrages tremblés, où tous les rôles sont soigneusement écrits et interprétés ( Swann Arlaud n’aurait pas démérité pour le Prix d’interprétation masculine ) et où la bande musicale contemporaine accompagnant certaines scènes comme « Life is life » sur des images d'archives ou lorsque les protagonistes se mettent à danser sur « Popcorn », à pour but de bien marquer l’universalité et l’intemporalité de cette histoire, qui est aussi un peu la nôtre. https://www.youtube.com/watch?v=6V54Q8DaWjU 
par Jacky Barozzi • 24 septembre 2026
« Les Roches Rouges » de Bruno Dumont, avec Kaylon Lancel, Kelsie Verdeilles, Louise Podolski et Mohamed Coly. Si le paradis terrestre existe, il pourrait se lover, entre mer et montagne, du côté du viaduc d’Anthéor, à l’entrée ouest du massif de l’Estérel. L’un des paysages de ma propre enfance dont je me demande bien à quel moment j’en ait été chassé ? Là, le temps d’un été, une bande d’enfants n’ayant pas encore atteints l’âge de raison s’adonnent à sauter, en toute liberté et insouciants de tout danger, depuis les rochers rouges dans les profondeurs de la Méditerranée ou à sillonner sur leurs quads électriques les routes et les chemins des hameaux alentours. Parmi eux, le petit Géo, d’à peine 5 ans, éprouve, le temps d’un été, ses premiers élans amoureux pour la jolie Eve : une blondinette aux yeux clairs, comme lui, mais physiquement plus grande et déjà pourvue d’un petit « amoureux ». C’est ce monde de la prime enfance, où l’amitié se mêle à la rivalité et à la jalousie, et où les adultes sont relégués à de la simple figuration, que nous donne à voir, dans toute la splendide singularité du décor azuréen, la caméra de Bruno Dumont. Une histoire épurée, d’avant la sexualité, que le cinéaste filme avec une étonnante économie de moyens. Comme si, lui aussi, tendait à retourner de plus en plus à l’enfance du cinéma. Un cinéma sans musique et pratiquement sans dialogues pour ces enfants qui s’expriment essentiellement par leur mimiques et où tout passe à travers leurs regards. Avec une bande-son composée uniquement des bruits de la nature, ponctuée par le vrombissement sourd des trains venus du nord et se dirigeant à toute vitesse vers l’Italie, en passant sur le viaduc situé juste au-dessus de la tête des enfants. Beau, lumineux et un brin austère, comme un film des frères Lumière, qui aurait pu être titré, « L’Entrée en rade de l’Estérel ». h ttps://www.youtube.com/watch?v=9RKV1nX8SFM 
par Jacky Barozzi • 18 septembre 2026
« Histoires de la nuit » de Léa Mysius, avec Hafsia Herzi, Benoît Magimel, Bastien Bouillon, Monica Bellucci et Tawba El Gharchi. Au générique, le film est annoncé comme écrit et réalisé par Léa Mysius, d’après l’oeuvre de… Exit Laurent Mauvignier, auquel on a payé le prix de l’histoire en le priant de s’abstenir de participer au scénario. N’ayant pas lu le roman, je ne peux donc que parler du film qui m’a été donné à voir et à entendre. Pourquoi malgré une histoire solide avec une montée en puissance, des personnages bien campés, la révélation d’un secret bien caché, des images impeccablement filmées et une musique trépidante n’ai-je pas été proprement emballé ? Au point d’être toujours resté sur l’expectative, notant au passage les nombreuses incohérences de ce thriller rural situé dans une grande ferme avec dépendances. Un éleveur que l’on ne verra plus s’occuper de son important cheptel de vaches durant toute la journée et la nuit constitutives de l’unité de temps du film. Ce même éleveur, abattu d’un coup de révolver et couché au sol, qui se relève, prend un fusil, et éclate la tête de l’un de ses agresseurs. La coloc de la ferme, une peintre italienne de renom, qui plante un cutter dans le cou d’un autre ravisseur, qui s’en sort indemne tandis qu’elle se retrouve morte, vidée de son sang à ses pieds. Même le couple d’acteurs habituellement excellents, Hafsia Herzi et Bastien Bouillon, ne m’ont pas parus convaincants et convaincus par leur rôle. Benoît Magimel, dans celui d’un ex taulard pervers et sentimental s’en sort mieux. Seule Monica Bellucci, confortablement installée dans son loft new-yorkais au coeur de la campagne française, est impériale dans l’interprétation de son chant du cygne à la jeunesse et à la beauté. Avec une mention toute spéciale pour Tawba El Gharchi, la fille des fermiers, étonnante gamine au regard noir et à la mine déconfite face aux révélations de cette nuit sanglante dont elle est le témoin privilégié. https://www.youtube.com/watch?v=m5yA7RlZssA
par Jacky Barozzi • 16 septembre 2026
« Rose » de Markus Schleinzer, avec Sandra Hüller, Caro Braun et Marisa Growaldt. Le cinéaste autrichien Markus Schleinzer aime l’Histoire avec un grand H. Après « Sissi & moi », où Sandra Hüller s’affirmait déjà dans le rôle de l’impératrice viennoise, ou « La Conférence », situé à l’époque de l’Allemagne nazie, il s’attaque ici à un film nettement plus archaïque qu’historique. Un genre comme un autre, tel le cinéma de science-fiction. À part que dans le cas du film archaïque l’imaginaire des scénaristes n’est pas projeté dans le futur mais dans le passé : un voyage inter temporel inversé. En l’occurence à l’époque de la Guerre de Trente Ans, qui ravagea l'Europe de 1618 à 1648. Avec les films archaïques, les cinéastes ne nous disent pas Voilà où nous allons mais Voilà d’où l’on vient . Et c’est tout aussi effrayant ! Car les meilleurs films archaïques ou de science-fiction ne sont-ils pas ceux qui nous (re)connectent directement avec notre présent ? C’est ainsi qu’à travers « Rose », magistrale reconstitution, en noir et blanc, Markus Schleinzer nous parle de la condition féminine dans le contexte du mariage pour tous et de l’épineuse problématique transgenre, deux thèmes terriblement en vogue aujourd’hui. Comment une femme grimée en homme, revenue de la guerre passablement marquée dans sa chair, va t-elle pouvoir s’installer dans une petite communauté rurale, y prospérer, se marier et avoir un enfant ? Et qu’advient-il quand son secret est éventé… Le spectateur qui assistait alors à une version féminine du « Retour de Martin Guerre » est soudainement projeté dans « Le Procès de Jeanne d’Arc ». Si tels Gérard Depardieu, Nathalie Baye ou Sandrine Bonnaire adoubés dans les films précédemment cités, le passage par le film archaïque semble obligé pour acquérir le titre de Grand Acteur, on peut dire que Sandra Hüller est reçue haut la main dans cette catégorie ! Mais qui en doutait ? h ttps://www.youtube.com/watch?v=9T9Q1Qer9zo
par Jacky Barozzi • 10 septembre 2026
« Adieu monde cruel » de Félix de Givry, avec Milo Machado-Graner, Jane Beever, Emmanuelle Destremau, Maïa Sandoz et la voix de Françoise Lebrun. Si les histoires d’amour finissent mal en général, il arrive parfois que les histoires de mort finissent bien. C’est ce qu’illustre magistralement ce premier long métrage de fiction de Félix de Givry. Otto Vidal, un élève harcelé de 14 ans adresse une lettre d’adieu aux élèves de sa classe, avant de se jeter à l’eau du haut d’un pont. Plongeant ainsi sa mère, son établissement scolaire et toute sa ville natale dans la consternation. À défaut de son corps, on ne retrouvera que les effets personnels de l’adolescent qui, au moment de disparaître sous les flots, va être saisi d’un salutaire instinct de survie et rater son suicide. C’est alors que Léna, une fille de son lycée, le débusque dans un bâtiment abandonné de la région et lui propose son aide afin qu’il puisse, ainsi qu’il en a le souhait, disparaître aux yeux de tous. Sans être aussi innovant que « Les 400 coups » de François Truffaut, le film de Félix de Givry, d’une facture quasi vintage, tout en révolte contenue et extrême douceur, nous fait furieusement penser au cinéma de cette figure majeure de la Nouvelle Vague. Même intensité autour des sentiments passionnels chez les personnages, même délicatesse à filmer la province (sans être nommée, on reconnait Lisieux), même surlignement mélodramatique apporté par la musique (signée ici par le compositeur Arnaud Toulon), même goût enfin pour l’introduction d’une dimension littéraire dans la narration cinématographique : l’histoire d’Otto et Lina nous est contée en voix off par Françoise Lebrun, comme l’était celle des personnages incarnés par Fanny Ardant et Gérard Depardieu dans « La Femme d’à côté ». Soulignons encore la grâce des deux jeunes protagonistes du film, Milo Machado-Graner, révélé dans « Anatomie d'une chute » de Justine Triet, et Jane Beever, tout en tendresse et rousseur. https://www.youtube.com/watch?v=0BF3YRoK_30
par Jacky Barozzi • 27 août 2026
« L’Inconnue » de Arthur Harari, avec Léa Seydoux, Niels Schneider, Valérie Dréville et Lilith Grasmug. David, photographe, croise une inconnue à l’occasion d’une fête. Ils font l’amour, sans un mot d’échange au préalable. À la suite de quoi, David se retrouve soudainement plongé dans la peau de sa partenaire d’un soir. Plus tard, il retrouve son corps errant dans lequel, après un échange sexuel, se retrouve désormais une jeune fille de 18 ans. Commence alors pour eux une longue quête pour retrouver la première « contaminatrice » de l’histoire. La boucle sera t-elle alors bouclée et les protagonistes pourront-ils réintégrer leurs propres corps ? Rien n’est moins sûr ! Voilà bien un film étrange, plus d’auteur que de genre, où l’on a envie de crier à Arthur Harari : « Sors du corps de Léos Carax ! ». Un film ambitieux, troublant, dérangeant, limite prise de tête, dont l’on se doute que l’on n’en ressortira pas tout à fait intact. Le plus étrange ici est le jeu hallucinatoire de Léa Seydoux et Niels Schneider, que l’on ne reconnait pas : l’une est lestée des kilos perdus par l’autre. Dans quel état de dépression profonde sont-ils tombés pour en arriver à cet état corporel ? Va t-on y passer à notre tour, se demande t-on inquiet ? Un voyage sans retour, sous forme de cauchemar, comme les photos de la banlieue que réalise David et met en regard avec les cartes postales des années 1930 des mêmes lieux, désormais irreconnaissables ! https://www.youtube.com/watch?v=tWLwgjuXejM
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