
« Maspalomas » de Aitor Arregi et José Mari Goenaga, avec José Ramón Soroiz, Nagore Aranburu et Kandido Uranga. Aux abords de la cinquantaine, Vicente a quitté sa femme et sa fille pour suivre un homme avec lequel il a vécu 25 ans. À 75 ans, redevenu célibataire, ce basque espagnol de San Sebastian part en vacances à Maspalomas, un haut-lieu de la gaytitude internationale des îles Canaries, afin de s’éclater. N’était-il pas temps ? Hélas, il est soudainement victime d’un AVC et rapatrié à Donostia par sa fille, où elle le place dans un Ehpad. Suit alors pour Vincente un long temps de repos, de rééducation et de méditation sur ce que fut sa vie d’homosexuel tardivement affirmé et désormais devenu irrémédiablement vieux. Une fable traitée avec réalisme et sensibilité par les deux cinéastes espagnols Aitor Arregi et José Mari Goenaga et dont la morale est que, quel que soit l’âge et le physique, on peut toujours finir par trouver chaussure à son pied. À condition de s’en donner les moyens, avec courage et détermination. Un film à caractère dramatique mais plus joyeux que pessimiste, porté grâce au jeu remarquable de l'acteur José Ramón Soroiz. https://www.youtube.com/watch?v=vw-NIbHpKkM

« De la Comédie-Française » de Martin Darondeau et Bertrand Usclat, avec Pauline Clément, Laurent Stocker, Julien Frison, Marina Hands, Danièle Lebrun, Guillaume Gallienne et Benjamin Lavernhe. Ce n’est pas un chef-d’oeuvre, juste une gentille pochade sur ces comédiens dont le patronyme est suivi sur les génériques de films de la mention : « De la Comédie-Française ». Ça ressemble à un spectacle de fin d’année, porté par une partie des sociétaires et pensionnaires de cette vénérable institution et donné en représentation unique devant un parterre d’abonnés triés sur le volet. L’argument : Nina, jeune comédienne du Français, met la dernière touche aux préparatifs de sa première mise en scène, le « Macbeth » de William Shakespeare, dont la Première doit débuter 3 heures plus tard. Le temps de voir s’accumuler les catastrophes techniques, les situations professionnelles et humaines les plus rocambolesques ou scabreuses, la démultiplication de l’égo des membres de la troupe, la montée du trac… Au point de se demander si la représentation ne doit pas être annulée, malgré la présence annoncée de la Ministre de la Culture. Mais heureusement que le fantôme de Molière vieille sur son invincible Maison ! C’est drôle, vaudevillesque à souhait, joué par des comédiens à la diction parfaite dont le principal paradoxe est d’introduire une part de modernité dans ce temple de la tradition. L’un des mérites du film est de nous faire découvrir la Comédie-Française en profondeur, depuis les espaces publics jusqu’aux espaces privés : coulisses, loges, coursives, cantine, machinerie… https://www.youtube.com/watch?v=jGNJ105YuxA

« L’Odyssée » de Christopher Nolan, avec Matt Damon, Tom Holland, Anne Hathaway, Robert Pattinson et Charlize Theron. Grâce à son adaptation filmée de « L’Odyssée », Christopher Nolan permet au poète grec aveugle mais pas muet, Homère (mais a t-il seulement existé ?), de retrouver la vue ! Ici, son immortel chant se double d’images pour nous conter la légendaire épopée d’Ulysse, le plus emblématique héros de la Guerre de Troie et son hypothétique retour à Ithaque, où l’attendait inlassablement sa Pénélope, otage d’innombrables prétendants. Un beau voyage initiatique méditerranéen d’une vingtaine d’années, semé d’embûches et d’épreuves en tous genres, avec ses personnages effrayants et magiques : cyclopes et géants effroyables, chants de sirènes envoûtantes et cruelles, déesses malveillantes ou secourables et passage obligé au royaume des morts. Texte fondateur de la civilisation occidentale, « L’Odyssée », bénéficiant des dernières technologies cinématographiques, permet ainsi au spectateur d’aujourd’hui de renouer, non sans émotion, avec les péplums édifiants de son enfance. Ces péplums en Technicolor et à caractère religieux, tels « Les Dix commandements » ou « Samson et Dalila », qui mettaient si joliment en images nos austères leçons de catéchisme. Sauf qu’ici, on remonte directement à l’époque antérieure à celle du Dieu unique de la Bible, celle des demis dieux de la mythologie grecque. Près de trois heures de pur spectacle, où l’on frémit et s’émeut jusqu’aux larmes et qui donne bougrement à méditer sur notre pauvre condition humaine. On aurait tort de bouder son plaisir ! h ttps://www.youtube.com/watch?v=1e4AfG58ujA

Histoire d'en France « La Bataille de Gaulle - Partie 1 : L’âge de fer » de Antonin Baudry, avec Simon Abkarian, Simon Russell Beale, Florian Lesieur, Benoît Magimel, Niels Schneider, Karim Leklou et Mathieu Kassovitz. Gros budget, casting impressionnant, pas moins de six années de préparation et de tournage pour cette superproduction à la française, érigée principalement à la gloire du Général de Gaulle. Un diptyque couvrant toutes les années de la Seconde Guerre mondiale, depuis la Drôle de guerre jusqu’à la Libération. On pourrait même parler d’un biopic érectile sur la rigidité morale du général, car ici l’humour propre à cette figure singulière de notre histoire contemporaine se mêle à sa grandeur et à sa pudeur. Un film tout autant historique que symbolique sur ce personnage emblématique, qui incarna la France combattante par temps de débandade généralisée. Une belle ode cinématographique, sur le thème de la résistance et de l’honneur par delà les partis pris politiques de tout un chacun, les intérêts personnels et les idéologies en vigueur à l’époque. Un film tourné au passé mais terriblement d’actualité ! Dans cette première partie, où les acteurs ne se cantonnent pas à jouer un rôle mais doivent proprement incarner des personnages réels en action, Simon Abkarian, en général solitaire et donquichottesque, se révèle stupéfiant de justesse et de vérité. Tout comme Simon Russell Beale en Churchill, Benoît Magimel en maréchal Kœnig, Mathieu Kassovitz en Amiral Darlan ou Niels Schneider en maréchal Leclerc. Entre les scènes de la vie intime et conflictuelle à Londres du général, les chausse-trappes et les trahisons endurées et les batailles déterminantes sur le terrains des opérations, cette première partie nous donne à voir la bataille de Mers el-Kébir où De Gaulle ne peut empêcher que Churchill fasse bombarder la marine française afin d’éviter qu’elle ne tombe aux mains des nazis et la bataille héroïque de Bir Hakeim, qui va marquer un tournant décisif en 1942, avec l'entrée en guerre des Américains. Un film à faire aimer l’Histoire aux enfants… La Bataille de Gaulle - Partie 2 : J’écris ton nom de Antonin Baudry, avec Simon Abkarian, Simon Russell Beale, Niels Schneider, Félix Kysyl, Anamaria Vartolomei, Thierry Lhermitte et Karim Leklou. Le 2ème volet de La bataille De Gaulle tient toutes les promesses du premier. Entre batailles militaires décisives et stratégies personnelles des principaux personnages historiques, le film nous entraîne à sa suite à un rythme endiablé. Outre De Gaulle et Churchill, avec leurs silhouettes contrastées à la Laurel et Hardy et leur génie politique propre, les figures positives de cette deuxième partie sont incontestablement celles de Jean Moulin et du général Leclerc : le héros de l’ombre et le héros de la lumière de la Seconde Guerre mondiale. On assiste ici à l’entrée en piste du général Giraud, marionnette choisie par nos alliés Américains, qui s’apprêtent à écarter le trop tonitruant De Gaulle et dominer le nouvel ordre politique et économique mondial. L’occasion d’offrir à Thierry Lhermitte le rôle cette fois ci de l’invité et non plus de l’organisateur du Diner de cons. Il y est irrésistible ! Le point d’orgue du film étant constitué par l’épisode de la Libération de Paris, essentiel dans la reprise en main de la situation par De Gaulle et les diverses composantes de la Résistance. Oui, La Bataille De Gaulle I et II est un beau film historique édifiant, mettant en avant les valeurs morales de courage, de droiture et de liberté. Exaltant ! https://www.youtube.com/watch?v=TXRfaZ6QZ78

La Bataille de Gaulle - Partie 2 : J’écris ton nom de Antonin Baudry, avec Simon Abkarian, Simon Russell Beale, Niels Schneider, Félix Kysyl, Anamaria Vartolomei, Thierry Lhermitte et Karim Leklou. Le 2ème volet de La bataille De Gaulle tient toutes les promesses du premier. Entre batailles militaires décisives et stratégies personnelles des principaux personnages historiques, le film nous entraîne à sa suite à un rythme endiablé. Outre De Gaulle et Churchill, avec leurs silhouettes contrastées à la Laurel et Hardy et leur génie politique propre, les figures positives de cette deuxième partie sont incontestablement celles de Jean Moulin et du général Leclerc : le héros de l’ombre et le héros de la lumière de la Seconde Guerre mondiale. On assiste ici à l’entrée en piste du général Giraud, marionnette choisie par nos alliés Américains, qui s’apprêtent à écarter le trop tonitruant De Gaulle et dominer le nouvel ordre politique et économique mondial. L’occasion d’offrir à Thierry Lhermitte le rôle cette fois ci de l’invité et non plus de l’organisateur du Diner de cons. Il y est irrésistible ! Le point d’orgue du film étant constitué par l’épisode de la Libération de Paris, essentiel dans la reprise en main de la situation par De Gaulle et les diverses composantes de la Résistance. Oui, La Bataille De Gaulle I et II est un beau film historique édifiant, mettant en avant les valeurs morales de courage, de droiture et de liberté. Exaltant ! ps://www.lelezarddeparis.fr/de-gaulle-la-gaule

« Fils de personne » de Safy Nebbou, avec Romain Duris, Cristiana Capotondi et Vithaya Pansringarm. Abandonné par sa mère biologique, le petit Mapring, 4 ans, est adopté par un couple de Français. Si tout se passe sans problème avec sa nouvelle mère, qu’il appelle très vite maman, le transfert affectif semble moins évident avec son nouveau père, Thomas. Hélas, celle-ci perd soudainement la vie dans un accident de voiture et son mari, dévasté par le chagrin, se retrouve seul avec un enfant qui le regarde comme un étranger. Dépassé par les événements, Thomas décide alors de retourner en Thaïlande pour retrouver la famille biologique de Mapring. Sur ce thème sensible, le réalisateur Safy Nebbou réussit un superbe film, tout en intériorité et sans à priori ni jugement. Une histoire de double adoption, de père en fils et inversement, sous forme d’un beau voyage initiatique. Porté par un Romain Duris magistral, qui ne démérite pas face à un étonnant gamin au regard particulièrement déconcertant ! Le tout, rythmé par la ligne mélodieuse d'Ibrahim Maalouf et la voix envoutante de Sonia Mohammed Cherif. https://www.youtube.com/watch?v=EieDM2pKUDE

« La Bataille de Gaulle - L’âge de fer » de Antonin Baudry, avec Simon Abkarian, Simon Russell Beale, Florian Lesieur, Benoît Magimel, Niels Schneider, Karim Leklou et Mathieu Kassovitz. Gros budget, casting impressionnant, pas moins de six années de préparation et de tournage pour cette superproduction à la française, érigée principalement à la gloire du Général de Gaulle. Un diptyque couvrant toutes les années de la Seconde Guerre mondiale, depuis la Drôle de guerre jusqu’à la Libération. On pourrait même parler d’un biopic érectile sur la rigidité morale du général, car ici l’humour propre à cette figure singulière de notre histoire contemporaine se mêle à sa grandeur et à sa pudeur. Un film tout autant historique que symbolique sur ce personnage emblématique, qui incarna la France combattante par temps de débandade généralisée. Une belle ode cinématographique, sur le thème de la résistance et de l’honneur par delà les partis pris politiques de tout un chacun, les intérêts personnels et les idéologies en vigueur à l’époque. Un film tourné au passé mais terriblement d’actualité ! Dans cette première partie, où les acteurs ne se cantonnent pas à jouer un rôle mais doivent proprement incarner des personnages réels en action, Simon Abkarian, en général solitaire et donquichottesque, se révèle stupéfiant de justesse et de vérité. Tout comme Simon Russell Beale en Churchill, Benoît Magimel en maréchal Kœnig, Mathieu Kassovitz en Amiral Darlan ou Niels Schneider en maréchal Leclerc. Entre les scènes de la vie intime et conflictuelle à Londres du général, les chausse-trappes et les trahisons endurées et les batailles déterminantes sur le terrains des opérations, cette première partie nous donne à voir la bataille de Mers el-Kébir où De Gaulle ne peut empêcher que Churchill fasse bombarder la marine française afin d’éviter qu’elle ne tombe aux mains des nazis et la bataille héroïque de Bir Hakeim, qui va marquer un tournant décisif en 1942, avec l'entrée en guerre des Américains. Un film à faire aimer l’Histoire aux enfants, en attendant la seconde partie, « La Bataille de Gaulle : j'écris ton nom », qui sortira le mois prochain… https://www.youtube.com/watch?v=TXRfaZ6QZ78

« Le Virtuose » de Daniel Roher, avec Leo Woodall, Dustin Hoffman, Havana Rose Liu et Jean Reno. Plusieurs films en un. On peut d’abord voir « Le Virtuose » comme un film en forme d’hommage, de son vivant, à Dustin Hoffman, 88 ans. Mais c’est avant tout l’histoire d’un accordeur de piano qui, à l’inverse des sourds condamnés au silence, est trop sensible aux bruits. Ce qui aboutit ici, entre le chaos sonore du monde et l’harmonie mélodieuse et jazzy du film à une oeuvre délicatement musicale de l’art cinématographique dont on se souvient qu’il est né… muet. C’est enfin une belle romance, qui doit beaucoup au charme poupin et ravageur de l’acteur britannique Leo Woodall. Romance qui tourne au thriller mélodramatique sur fond de capitalisme insolent et d’escrocs mafieux. Mentionnons encore la virtuosité débridée d’un scénario, passablement tiré par les cheveux (ou les oreilles ?), où sont convoquées deux montres dérobées par les nazis à des victimes de la Shoah et opportunément retrouvées ainsi qu'une opération sauvage, qui rendra son audition parfaite à notre accordeur, pianiste contrarié redevenu miraculeusement virtuose ! https://www.youtube.com/watch?v=Jhprf14_gbs
Jurés et gagnants sur scène, à l’issue de la cérémonie de clôture du 79e Festival de Cannes. Palmarès complet du Festival de Cannes 2026 Palme d’or : « Fjord » de Cristian Mungiu Grand Prix : « Minotaure » de Andreï Zviaguintsev Prix de la mise en scène : « Fatherland » de Pawel Pawlikowski et « La Bola Negra » de Xavier Calvo et Xavier Ambrossi Prix du jury : « L’aventure rêvée » de Valeska Grisebach Prix d’interprétation féminine : Virginie Efira et Tao Okamato pour « Soudain » de Ryūsuke Hamaguchi Prix d’interprétation masculine : Emmanuel Macchia et Valentin Campagne pour « Coward » de Lukas Dhont Prix du scénario : « Notre salut » d’Emmanuel Marre Caméra d’or : « Ben’Imana » de Marie-Clémentine Dusabejambo Palme d’or du court-métrage : « Aux adversaires » de Federico Luis Un Festival très politique et particulièrement… gay Très beau discours d’Isabelle Huppert en hommage à Barbara Streisand, à l’occasion de sa remise de la Palme d’or d’honneur au Festival de Cannes. Une cérémonie de clôture saturée de déclarations politiques convenues, autosatisfaites et bien pensantes des professionnels de la profession. Un palmarès, en revanche, parfaitement équilibré, répartissant les récompenses entre des films différents, exigeants et de qualité indiscutable. C’est ainsi que les réalisateurs Javier Calvo et Javier Ambrossi ont décroché le Prix de la mise en scène, remis pour l’occasion par Xavier Dolan, avec leur film gay transgénérationnel « La Bola Negra ». Récompense qu’ils partagent avec Pawel Pawlikowski pour « Fatherland ». Tandis que le Prix d’interprétation masculine a été conjointement décerné à Emmanuel Macchia et Valentin Campagne, les deux héros de « Coward », le drame militaire de Lukas Dhont où deux soldats se rapprochent dans les tranchées durant la Première Guerre Mondiale pour vivre une passion partagée. Double Prix d’interprétation féminine ex-æquo également attribuée à Virginie Efira et Tao Okamoto pour leurs prestations émouvantes dans « Soudain » de Ryūsuke Hamaguchi. Idem pour les sections parallèles du festival, où « La Gradiva », premier long-métrage de Marine Atlan, sur une classe de terminale en voyage scolaire à Pompéi, a décroché le Grand Prix de la Semaine de la Critique, tandis que le Prix du Jury de la catégorie Un Certain Regard est remporté par « Les Éléphants dans la brume » d’Abinash Bikram Shah, une chronique sociale consacrée à une petite communauté d’un troisième genre, les Kinnars. Ajoutons encore que le Prix de la découverte, fraîchement inauguré, est revenu à « Du fioul dans les artères » de Pierre Le Gall où deux routiers tombent follement amoureux. Mentionnons, enfin, l’attribution de la Queer Palm 2026 au film « Teenage Sex and Death at Camp Miasma » de Jane Schoenbrun. Les homos seraient-ils donc devenus l’avenir des hétéros ?

Nice, « L’Éte 1936 » À propos de cette nouvelle série de TF1, sur l’arrivée en masse sur la Côte d’Azur des premiers bénéficiaires des congés payés, annoncée à grand renfort de bandes annonces publicitaires à la télé et au cinéma, et dont le premier épisode ne m’a pas vraiment convaincu, permettez-moi de vous livrer quelques documents personnels.
