par Jacky Barozzi 24 avril 2026
« Michael » de Antoine Fuqua, avec Jaafar Jackson, Colman Domingo et Nia Long. Le film raconte l'histoire de Michael Jackson, depuis sa prime enfance jusqu’au moment où il parvient à l’apogée de sa gloire. Certes, on est bien dans l’imagerie d’Épinal animée où, en n’en grossissant certains traits et gommant les moindres aspérités, le biopic participe ici d’une élaboration de l’icône idéale et quasi sanctifiée de l’artiste : comment le dernier né de la fratrie des Jackson, qui cristallise sur sa tête tout le talent de la tribu, enfant rebelle et hyper doué, durement dressé au travail à coup de ceinturon par un père despotique, va devenir la star mondiale que l’on sait. L’essentiel n’est pas là mais dans le fait que le film illustre la vie de Michael Jackson depuis l’époque où il était le leader des Jackson Five jusqu’aux performances les plus emblématiques de sa carrière en solo. Ça bouge et ça chante à souhait ! N’est-ce pas ce que l’on était venu chercher ? Moi, oui. https://www.youtube.com/watch?v=HRAXcqnMSRk
par Jacky Barozzi 23 avril 2026
« À voix basse » de Leyla Bouzid, avec Eya Bouteraa, Hiam Abbass, Marion Barbeau et Selma Baccar. Lilia, une ingénieure trentenaire tunisienne vivant en France avec sa petite amie Alice, retrouve le clan familial réuni dans la maison de sa grand-mère maternelle à Sousse à l’occasion des funérailles de son oncle Daly. Un homosexuel non avoué, qui vivait chez sa mère, et dont on a retrouvé le corps nu dans la rue. Confrontée à ses propres souvenirs d’enfance, Lilia, accompagnée d’Alice, qu’elle dépose à l’hôtel et présentera plus tard à sa famille comme sa colocataire, va chercher à éclaircir les circonstances de la mort soudaine de son oncle. Mettant au jour les secrets de cette maisonnée bourgeoise, qui ne se prononcent généralement qu’à voix basse, sur des moeurs qui ne se disent pas, vont nous être peu à peu révélés. Reflet de la société patriarcale tunisienne, ce film social, tout en finesse et sensibilité sur un sujet hautement épineux en pays musulman, nous est ainsi conté. Un film pas spécialement novateur dans le fond ni dans la forme, mais particulièrement efficace et toujours nécessaire. Un scénario sans manichéisme aucun, développé autour de trois générations de femmes déterminées et émouvantes et d’actrices tout aussi convaincantes, qui nous montre que l’homosexualité reste un sujet tabou fortement ancré dans la société tunisienne. Notamment l'homosexualité masculine, qui demeure un délit passible d’emprisonnement selon la loi, tandis que l’homosexualité féminine, elle, n’est pas prise en considération. h ttps://www.youtube.com/watch?v=yMmCO52bIC4
par Jacky Barozzi 21 avril 2026
Le premier long-métrage de fiction de Malek Bensmaïl, L’Arabe , adapté du roman Meursault, contre-enquête , de Kamel Daoud, vient d’être déprogrammé, « faute de visa », par le ministère de la Culture algérien, alors qu’il devait être projeté durant le Festival du film méditerranéen d’Annaba, organisé du 24 au 30 avril 2026. Réaction du cinéaste : « Alors que mon film The Arab produit avec l'argent public de mon pays, circule librement et est accueilli avec respect dans de nombreux festivals et salles à travers le monde (Pays-Bas, Russie, Etats- Unis, Australie, Belgique, Croatie, Italie...), sa première algérienne, annoncée dans le cadre de l'Annaba Mediterranean Film Festival, vient d'être annulée, sans la moindre explication claire ni transparente. Comment accepter qu'un film qui réunit l'actrice palestinienne Hiam Abbas, Ahmed Benaïssa dans sa dernière apparition à l'écran, ainsi que Nabil Asli et Dali Benssalah, Brahim Derris...se retrouve déprogrammé pour une sombre histoire de visa d'exploitation non attribué ? Cette situation est profondément tragique. Plus de soixante ans après l'indépendance, il est douloureux de constater que nous restons pris au piège d'une censure administrative opaque et infantilisante, qui nie à la fois le travail de ceux qui fabriquent les films en Algérie et le droit du public algérien à voir ses propres œuvres et à les critiquer. On ne peut pas, au nom de la « relance » du cinéma algérien, multiplier les discours, les festivals et les commissions, et, dans le même temps, étouffer des films pour des raisons jamais assumées publiquement. Il est temps que cette schizophrénie cesse. Un pays qui prétend défendre sa création ne peut pas continuer à la maintenir dans le silence, l'arbitraire et l'humiliation. Derrière chaque visa refusé, il n'y a pas seulement un film empêché, il y a des années de travail, d'espoir et de confiance trahis - et un public que l'on prive encore une fois de son cinéma. » 
par Jacky Barozzi 19 avril 2026
« Bagarre » de Julien Royal, avec Nassim Lyes, Ramzy Bedia, Audrey Lamy, Anaïde Rozam et Marina Foïs. Depuis qu’ils se sont rencontrés à l’école de cinéma, Julien Royal et Nassim Lyes font une sacrée paire. Ensemble, ils écrivent le scénario d’un film, l’un le tourne et l’autre interprète le rôle principal. L’inverse serait sans doute possible. Une parfaite entente et complicité pour cette comédie d’un genre nouveau. Le style bisounours caillera, vous connaissez ? Dans la lignée des comédies déjantées initiées par Jean Dujardin ou Franck Gastambide, entre Brice de Nice et Les Kaïras . Ici, le héros, Naim, malgré son oeil de verre et ses pieds qui puent, est un beau gosse de première bourre Et gentil avec ça ! Aux filles qui lui proposent tout de go la botte, il précise qu’il ne baise pas mais fait l’amour. Pour soigner sa chienne gravement malade Naim est contraint d’intégrer « Allo Bagarre », un service de combattants de rue qui règlent les embrouilles à coups de poings. Un job particulièrement lucratif dans les quartiers chauds de Marseille. Humour, autodérision et castagnes à volonté pour ce film drôle, compatissant, dédramatisant et… pas si con que ça ! h ttps://www.youtube.com/watch?v=slaaLh7b6wA
par Jacky Barozzi 17 avril 2026
« Romería » de Carla Simón, avec Llúcia Garcia, Mitch et Tristán Ulloa. Marina dont les parents sont morts du sida alors qu’elle était toute petite, a été élevée par sa famille maternelle à Barcelone. Afin d’obtenir un document d’état civil pour devenir boursière de l’école de cinéma, où elle à l’intention de poursuivre ses études supérieures, elle est amenée à renouer avec sa famille paternelle, qu’elle ne connait pas. C’est ainsi qu’elle se rend à Vigo en Galice. Passant de la Méditerranée à l’Atlantique, elle rencontre les divers membres de la famille de son père, dont ses autoritaires grand-parents. Autre lieu géographique autre milieu social. En l’occurence, plus froid, plus bourgeois et plus aisé. En grande partie autobiographique, le troisième long métrage de la cinéaste espagnole Carla Simón nous conte l’histoire d’une constitution d’identité via les trois dernières générations de l’histoire contemporaine espagnole. Depuis l’Espagne franquiste à l’Espagne de la post movida. Un film ambitieux, un sujet costaud, un scénario tiré au cordeau et un casting soigné. Mais que m’a-t-il manqué alors pour que j’adhère vraiment à ce film aux allures de règlement de compte personnel, où la cinéaste a adopté néanmoins un point de vue distancé ? Un manque d’émotion, probablement. https://www.youtube.com/watch?v=UIYu6zIHs_o 
par Jacky Barozzi 10 avril 2026
Iris Knobloch, présidente du Festival de Cannes et Thierry Frémaux, délégué général. Liste des films en compétition officielle de la 79e édition du Festival de Cannes, qui se tiendra du 12 au 23 mai 2026  Film d’ouverture LA VÉNUS ÉLECTRIQUE de Pierre SALVADORI – Hors Compétition AMARGA NAVIDAD de Pedro ALMODÓVAR HISTOIRES PARALLÈLES de Asghar FARHADI LA VIE D’UNE FEMME de Charline BOURGEOIS-TACQUET LA BOLA NEGRA de Javier CALVO et Javier AMBROSSI COWARD de Lukas DHONT DAS GETRÄUMTE ABENTEUER de Valeska GRISEBACH SOUDAIN de HAMAGUCHI Ryusuke L’INCONNUE de Arthur HARARI GARANCE de Jeanne HERRY SHEEP IN THE BOX de KORE-EDA Hirokazu HOPE de NA Hong-jin NAGI NOTES de FUKADA Koji ( QUELQUES JOURS À NAGI ) GENTLE MONSTER de Marie KREUTZER NOTRE SALUT de Emmanuel MARRE FJORD de Cristian MUNGIU HISTOIRES DE LA NUIT de Léa MYSIUS MOULIN de László NEMES FATHERLAND de Pawel PAWLIKOWSKI THE MAN I LOVE de Ira SACHS EL SER QUERIDO de Rodrigo SOROGOYEN MINOTAURE de Andrey ZVYAGINTSEV Le programme complet https://cdn.festival-cannes.com/media/uploads/2026/04/dp-fr-2026-1.pdf
par Jacky Barozzi 9 avril 2026
« L’Oeuvre invisible » de Avril Tembouret et Vladimir Rodionov, avec Jean Rochefort, Anouk Aimée, Jacques Perrin, Edouard Baer, Jean-Claude Carrière et Claude Lelouch. Entre folie et génie, Alexandre Trannoy (1926-1980) est une sorte d’Antonin Artaud du cinéma. Un réalisateur passionné et convaincant, qui a su séduire des producteurs et des acteurs à le suivre dans ses projets, mais qui a surtout réussi l’exploit de ne jamais terminer aucun de ses films. À part le premier, « L’Homme de l’aube » (1954), réalisé tant bien que mal en Italie, et dont les bobines ont été détruites dans un accident juste avant sa projection à Cannes. Tant et si bien que, malgré plusieurs tournages, il ne reste pratiquement aucune trace de la « filmographie » d'Alexandre Trannoy. Alertés par Jean Rochefort sur ce personnage singulier, qui fut son ami, les réalisateurs Avril Tembouret et Vladimir Rodionov se sont mis en quête d’en savoir plus à propos de ce qu'ils considèrent comme « un chapitre oublié de l’histoire du cinéma ». Sans se douter qu’ils s’embarquaient alors dans un périple d’une quinzaine d’années, qui les mènerait, de découvertes en déconvenues, de périodes d’exaltation en périodes de découragement, jusqu’à Hollywood, où Alexandre Trannoy aurait tourné en 1963, dans le désert, les premières scènes, de son film « The Last point », produit par United Artists, avec Marlène Dietrich en tête d’affiche, pour aussitôt… en détruire les rushs ! Comme si son imaginaire étant plus fort que les images qu’il pouvait en produire, le cinéma était devenu pour lui l’unique moyen de réaliser ses propres rêves, à usage strictement privé ? De fait, sur l’écran blanc de ses archives vierges, il n’a rien laissé à destination du public. N’empêche que grâce à quelques rares documents et au témoignages des acteurs, du scénariste et du jeune assistant qui l’ont accompagné dans ses galères, et qui sont devenus célèbres par la suite, Avril Tembouret et Vladimir Rodionov sont parvenus, eux, à mener à bien leur documentaire. Et, compte tenu de leur héros hors normes, disparu mystérieusement lors d’un vol de repérages en 1980, le film qui nous est donné à voir aujourd’hui est proprement fascinant ! https://www.youtube.com/watch?v=c-kdq4sbXrU 
par Jacky Barozzi 8 avril 2026
« Plus fort que moi » de Kirk Jones, avec Robert Aramayo, Shirley Henderson, Maxine Peake et Scott Ellis Watson. Rien de mieux que le cinéma britannique pour évoquer les problèmes politiques, économiques ou sociaux. Britan…nique la Reine, dirait le héros du film de Kirk Jones, inspiré de l’histoire vraie de John Davidson, un adolescent des années 1980 atteint du syndrome de Gilles de la Tourette ! Si, comme moi, cette maladie neurologique, pleine de tics et de fureur ordurière, vous faisait plutôt sourire, grâce à ce biopic, vous prendrez toute la mesure de ce que cette pathologie, encore largement méconnue à l’époque, a de dramatique pour celui qui en est la victime et pour son entourage, aujourd’hui encore. Un film didactique au bon sens du terme, propre à ce genre cinématographique, qui nous donne à voir et à comprendre à quel degré d’incompréhension et de stigmatisation se heurtent les individus en proie à ce syndrome incurable et le véritable parcours du combattant qu’il leur faut affronter pour trouver un emploi, être reconnu tels qu’ils sont et s’insérer, tant bien que mal, dans la société. Une belle leçon de tolérance, qui change le regard que l’on pouvait avoir sur cette pathologie, rien moins que drôle, même si le film finit plutôt bien. Mentionnons encore la prestation impressionnante de Robert Aramayo dans le rôle de John Davidson adulte. https://www.youtube.com/watch?v=Vt-gdxB5xd4
par Jacky Barozzi 4 avril 2026
« Hélène Trésore Transnationale » de Judith Abitbol, avec Hélène Hazera. Il a fallu douze ans à la documentariste-archiviste Judith Abitbol pour tirer le portrait au net d’Hélène Hazera, une personnalité passablement atteinte du syndrome de Diogène ! Une mise en ordre pas évidente, au départ, mais parfaitement réussie, à l’arrivée. Nous offrant ainsi un double portrait. Celui d’une figure emblématique de la libération sexuelle et celui de la génération des années 1970. Ouverte aux cultures du monde et passionnée de la chanson francophone, Hélène Hazera fut, tour à tour ou conjointement : prostituée à Pigalle, situationniste, membre des Gazolines et du F.H.A.R. (Front Homosexuel d’Action Révolutionnaire), journaliste à Libération, productrice à France Culture, activiste LGBTQ et initiatrice de la commission Trans et SIDA au sein d’Act Up… Un film historico-politico-culturel tout autant intelligent, qu’émouvant et drôle de la belle Hélène, telle qu’en elle-même, et de la vie parisienne à son époque. Une époque qui fut aussi un peu la nôtre. Edifiant, réjouissant et dénué du moindre excès de nostalgie. https://www.youtube.com/watch?v=r9QpltAUPh0
par Jacky Barozzi 1 avril 2026
« Un jour avec mon père » de Akinola Davies, avec Sope Dirisu, Chibuike Marvellous Egbo et Godwin Egbo. Dans une grande maison de la campagne nigériane, avec son frère aîné, un garçon se souvient. Leur mère travaille au village voisin et leur père s’apprête à partir à Lagos, réclamer à son employeur les quatre mois de salaire en retard qu’il lui doit. Tandis que le père s’active durement en usine pour assurer le bien être de sa petite tribu, ses fils lui reprochent d’être toujours absent. Ce jour-là, contre toute attente, il décide de les amener avec lui. C’est, pour eux, l’occasion unique de découvrir la capitale. Et pour nous d’assister, à leur suite, à un double portrait. Le portrait d’une famille et le portrait d’un pays. Un film sous forme de beau voyage dans le Nigéria de la crise électorale de 1993, où les militaires n’hésitèrent pas à saborder le vote démocratique des électeurs, qui leur était défavorable, pour maintenir à tout prix le régime autoritaire au pouvoir. Une journée particulière, tant sur le plan politique que personnel, dont le frère cadet, Akinola, aura bien des raisons de se souvenir, une fois devenu cinéaste… Le jeu expressif des comédiens, une caméra virevoltante, des images syncopées, des situations chaotiques, fortes en émotion, autant de raison pour voir ce film dont la qualité première est, indéniablement, son authenticité. Présenté dans la section Un Certain Regard, « Un jour avec mon père » du réalisateur britanico-nigérian Akilona Davies, 40 ans, a obtenu la Camera d’Or lors du Festival de Cannes 2025. On ne pouvait pas trouver mieux pour ce film au regard si sûr et à la camera virtuose ! https://www.youtube.com/watch?v=iD0k9DB8KsM 
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