
Légende 1 : Septembre 1939. Louis Lumière arrive en gare de Cannes pour assurer la Présidence d’honneur du premier Festival international du film. Seul Auguste Traverso (1885-1967), descendant d'une famille piémontaise installée à Cannes depuis le milieu du 19e siècle et fondateur, en 1919, de la maison Traverso est là pour immortaliser l'évènement, qui sera finalement annulé deux jours plus tard du fait de la déclaration de guerre. Lorsqu'en 1946 la première manifestation du Festival aura bien lieu, une quinzaine de photographes est désormais présente pour couvrir la manifestation. Auguste Traverso, jusqu'alors photographe des familles cannoises et des évènements locaux : batailles de fleurs, premiers bains de mer, construction des nouveaux Palaces… devient également le photographe des stars et le correspondant du quotidien Nice-Matin, qui vient tout juste d'être créé. Son petit-fils Henri, un gamin de seize ans, le suit à la trace.

Légende 1 : Trois semaines après sa sortie en salle, le film Un p'tit truc en plus d’Artus, avec Artus, Clovis Cornillac, Alice Belaïdi et onze actrices et acteurs en situation de handicap totalisait déjà 3,4 millions d’entrées. C’est ainsi que le 22 mai 2024, répondant à l’invitation du Festival de Cannes, l'équipe au grand complet du film a pu fouler le célèbre tapis rouge cannois. La joyeuse bande, en tenue de gala, se livra alors à une mémorable montée des marches au son de Bande organisée , tube du collectif marseillais 13 Organisé , chapeauté par le rappeur JuL. Au pied des marches, Marie Colin, une des plus facétieuses actrices du film, se livra à un show de star en improvisant un mini-défilé de mode.

Légende 1 : Contrairement à ce que l’on pourrait croire, Brigitte Bardot ne fut pas une inconditionnelle du Festival de Cannes, qu’elle fréquentait plus par plaisir personnel que par obligation professionnelle. Mais sa première apparition sur la Croisette fut si percutante et sa photogénie si parfaite que les rivages cannois s’en souviennent encore. C’est en 1953 que la toute jeune épouse de Roger Vadim, qui n’était pas encore réalisateur mais journaliste à Paris Match, vint pour la première fois au Festival de Cannes. Elle n’avait alors aucun film à promouvoir sinon à jouer les starlettes en bikini et participer aux multiples fêtes de cette manifestation bon enfant, telle qu’elle était encore à ses débuts. Cette année-là, elle y croisa Errol Flynn et Kirk Douglas. Elle avait rencontré ce dernier quelques mois plus tôt sur le tournage de Un acte d'amour d’Anatole Litvak, film dans lequel elle avait décroché un petit rôle. Autant de prétextes à d’inoubliables photos de plages.

Légende 1 : Longtemps Jane Campion fut la seule femme à avoir reçu la Palme d’or au Festival de Cannes. C’était en 1993 pour son film La Leçon de piano , avec Sam Neill, Holly Hunter et Harvey Keitel. Mais on oublie trop souvent que la réalisatrice néo-zélandaise avait déjà obtenu une première Palme d'or en 1986, pour son court-métrage Peel . Rappelons aussi qu’en 1993, Holly Hunter obtint pour sa part le prix d'interprétation féminine, et qu’en 2014, Jane Campion revint à Cannes, en tant que présidente du jury.

Légende 1 : Depuis La nuit américaine de François Truffaut, projeté hors compétition en 1973, Nathalie Baye est une grande habituée du Festival de Cannes. Elle y reviendra notamment en 1977, avec son compagnon le comédien Philippe Léotard (photo) ou en 1980, à l’occasion de la présentation en compétition du film de Jean-Luc Godard, Sauve qui peut (la vie) . En 1996, elle est membre du jury, placé alors sous la présidence de Francis Ford Coppola. En 2002, elle tourne en Amérique dans Arrête-moi si tu peux de Steven Spielberg, où elle interprète le rôle de la mère de Leonardo DiCaprio. On la retrouve en compétition au Festival en 2006, pour le film La Californie tourné à Cannes par Jacques Fieschi, puis en 2012 pour le film de Xavier Dolan, Laurence Anyways , et, en 2016, pour le film Juste la fin du monde , où elle incarne la mère de Gaspard Ulliel.

Légende 1 : Actrice, photographe et sculptrice italienne, Gina Lollobrigida (1927-2023), fut l’une des reines les plus flamboyantes du Festival de Cannes. Depuis sa première apparition au palais, en 1952, lors de la présentation de Fanfan la tulipe de Christian-Jaque, avec Gérard Philipe, celle qui incarna l’inoubliable Esmeralda du film Notre-Dame de Paris , adapté du roman de Victor Hugo par Jean Delannoy en 1956, vint régulièrement à Cannes, jusqu’aux ultimes années précédant sa mort, à l’âge de 95 ans. En 1955, tandis qu’elle montait les marches du palais du Festival au bras de Vittorio De Sica dans une invraisemblable cohue, elle avouera des années plus tard : « J’ai compris, alors, que j’étais devenue une vedette et que le public me prenait dans son cœur. Cannes est un baromètre qui ne ment pas. Tout le trafic automobile était arrêté et les gens hurlaient dans les éclairs des flashes. Il y a eu des blessés dans la foule, les photographes tombaient ! Inoubliable. » Je me souviens d’un camarade déluré nous demandant à la récré, dans les années 1960 : « Tu les as vu les Lolos de Brigida, avec Elvis Presley et Gaby Morlay ? »

Légende 1 : Alain Delon est venu pour la première fois à Cannes en 1956. Il accéda à la notoriété quatre ans plus tard, avec le film Plein Soleil de René Clément. Il avait alors 25 ans. C’est à ce moment-là que son histoire avec le Festival de Cannes a commencé. Sur la photo, il vient présenter son premier film en sélection officielle, Quelle joie de vivre de René Clément en 1961. Ce sera ensuite le tour de L’Éclipse d’Antonioni en 1962 et du Guépard de Luchino Visconti, en 1963. L’année où il tourne Mélodie en sous sol d’Henri Verneuil, au Palm Beach, avec Jean Gabin. Plus tard, sa relation avec Cannes devient plus tendue, sinon avec la ville du moins avec son Festival. Delon ne viendra pas présenter Monsieur Klein de Joseph Losey en 1976, film pour lequel il aurait largement mérité le prix d’interprétation masculine. En revanche, il fera une entrée spectaculaire en hélicoptère puis en bateau pour présenter Nouvelle Vague de Jean-Luc Godard en 1990. La reconnaissance de l’acteur viendra plus tard…

Légende 1 : Née en Tunisie, Claudia Cardinale devint très vite une star internationale. Enchaînant les films d’auteur ou les films de divertissement. Au total, 60 ans de carrière jalonnés de succès critiques et populaires avec plus d’une centaine de titres dont 9 ont été présentés en Sélection officielle au Festival de Cannes parmi lesquels La Fille à la valise de Valerio Zurlini (1961), Huit et demi de Federico Fellini (1963), Le Guépard de Luchino Visconti (Palme d’or 1963), Fitzcarraldo de Werner Herzog (1982) ou Henri IV de Marco Bellocchio (1984). Fidèle parmi les fidèles de la Croisette, elle est venue à Cannes la première fois en 1961, posant sagement assise en robe blanche et sandalettes sur une pelouse proche de l’ancien Palais du festival. Deux ans après, Claudia Cardinale revint au Festival de Cannes, à l’affiche de deux grands films en compétition.

Légende 1 : Le jour où le président de la République est venu se mêler aux dieux de l’Olympe cinématographique. Jusqu’alors, de nombreux ministres de tutelle s’étaient succédé sur les marches du palais du Festival de Cannes mais de président de la République française, jamais. Jacques Chirac est le seul président en exercice à avoir honoré de sa présence la manifestation cannoise. Il le demeure à ce jour. Une consécration pour laquelle il fallu toute l’opiniâtreté de Gilles Jacob afin de lever les réticences de Claude Chirac, qui jugeait l’évènement trop « paillettes » pour l’image de son vénérable père. Et aussi une occasion unique pour marquer le coup. C’est ainsi que pour le 50e anniversaire du Festival de Cannes 1997, Jacques Chirac vint déjeuner avec les membres du jury, présidé alors par Isabelle Adjani, et les 28 « Palmes d’or » encore en vie, qui avaient accepté de venir à Cannes pour la circonstance, tels Antonioni, Lakhdar Hamina, Rolland Joffé, Costa-Gavras, Francis Ford Coppola, Martin Scorsese, Wim Wenders, Francesco Rosi, Claude Lelouch, Andrzej Wajda, les frères Coen, Emir Kusturica, David Lynch… et une seule femme, Jane Campion. Légende 2 : Ce n'est pas Gong Li, membre du jury, qui était prévue à la droite de Jacques Chirac, sur la photo, mais Jane Campion. La réalisatrice Néo-Zélandaise déclina cette proposition car peu après son entrée en fonction en 1995, Jacques Chirac avait autorisé la reprise des essais nucléaires dans le Pacifique. Une décision qu’elle ne voulait pas avoir l’air de cautionner. Le déjeuner dura environ trois heures et Jacques Chirac, parut heureux de ce voisinage et mangea de bon appétit. Pour marquer son soutien, il déclara que le cinéma français était : « un cinéma qui vit, un cinéma qui gagne, un cinéma qui se développe, qui exporte..." Le lendemain, il partait pour un voyage officiel en… Chine. Cette année-là, lors de la soirée d’ouverture une Palme des palmes a été décernée au cinéaste suédois Ingmar Bergman par tous les lauréats de la Palme d'or présents à Cannes. Souffrant, c’est sa fille, Linn Ullmann, qui vint chercher le prix qui lui fut remis par sa mère, l'actrice Liv Ullmann.

