by Jacky Barozzi 24 July 2026
Le génie de l’Intelligence artificielle À partir de cette photo en noir & blanc de mon père, Eugène Barozzi, alors âgé d’une quarantaine d’années, les virtuoses de l’IA me proposent cette version colorisée où il apparait tel qu’en lui-même, plus chic et plus moderne… 
by Jacky Barozzi 25 June 2026
Eugène Barozzi (1907-1962). 
by Jacky Barozzi 23 June 2026
Juin 1968. Ma mère et moi dans la salle à manger de notre appartement du 119, boulevard Paul-Doumer. La devise de ma mère Aux alentours de 7 heures du matin, tout juste levé et tandis que je trouvais mon petit-déjeuner servi dans la cuisine : café au lait fumant, tartines de pain frais (nous habitions à côté de la boulangerie Bergia dont on pouvait sentir les effluves), beurrées et confiturées à souhait (faite maison, la confiture), ma mère se précipitait dans ma chambre. Elle ouvrait en grand la fenêtre, défaisait entièrement mon lit, revenait y secouer vigoureusement les draps, la couverture, le dessus et la descente de lit, non sans vérifier au préalable que personne ne passe en dessous. Elle recueillait ensuite la poussière sur mon bureau et les rayonnages de ma bibliothèque, puis rinçait le sol à grands coups de serpillière. Plus tard, quand je recouvris les tomettes rouges de ma chambre d’une moquette beige clair, elle recourut aux services d’un aspirateur, acquis à cette fin, dont elle utilisait consciencieusement le grand sac d'emballage pour faire ses courses à Cannes : la publicité affirmant alors que si l’on rencontrait l’Ami Singer dans la rue, le prix de l’appareil acheté vous était remboursé. Curieusement, elle ne rencontra plus jamais par la suite le représentant qui était venu la démarcher à domicile ! Enfin, en sortant de la salle de bain, je pouvais enfiler mes vêtements, fraîchement lavés et repassés et partir au lycée. La maison nettoyée et rangée, ses enfants partis, ma mère pouvait alors commencer sa journée de travail à l'extérieur, consistant essentiellement à aller faire le ménage chez les autres. Aussi, quand je lui demandais s’il était bien nécessaire de le faire à la maison chaque jour de la semaine, excepté le dimanche, jour du Seigneur, ma pieuse mère me répondait invariablement, mais d’un ton qui se voulait sans appel, que nous étions certes : « Pauvres, mais propres ! » Telle était sa devise. Amen.
by Jacky Barozzi 22 June 2026
« Le Velo Solex de monsieur Tati est avancé ! ». Festival de Cannes 1958. Les chemins de la mobilité En 1963, à onze ans, avec l’argent de poche gagné à la sueur de mon front, je me suis offert mon premier vélo, acheté chez le marchand de cycles du carrefour de Rocheville, monsieur Petit, qui était plutôt grand et sec comme un jour sans pain ! Un vélo demi-course rouge d’occasion, que j’ai usé jusqu’à la corde en attendant l’âge légal (14 ans ?) pour pouvoir passer au Vélo Solex à moteur. J’en ai épuisé toute un batterie, depuis les anciens modèles noirs jusqu’aux nouveaux en couleurs. Tous achetés chez le principal concessionnaire de la marque, situé à l’époque au bas du boulevard Carnot. Je crois me souvenir qu’un Solex coûtait environ 35 000 anciens francs, que je payais cash avec mes premiers salaires de garçon de café, à la fin de la saison d’été. Ainsi avais-je un engin tout neuf en retournant au lycée. Plus tard, mon frère aîné, José, m’a rétrocédé sa mobylette bleue, au moteur bridé et au tuyau d’échappement scié, dont les trépidations me permettaient de sillonner, dans un bruit d’enfer, la route du bord de mer entre Saint-Raphaël et Nice puis de grimper en slalomant sur la piste en lacets conduisant jusqu’à Lucéram, le village de mes grands-parents maternels. Le roi alors n’était pas mon cousin !
by Jacky Barozzi 22 June 2026
16 ans en 1968.
by Jacky Barozzi 21 June 2026
Vue aérienne du hameau de Valbonne constitué des bâtiments de logements des Français musulmans (Harkis), en août 1967. Ma guerre d’Algérie J’avais dix ans à la fin de la guerre d’Algérie. Je me souviens qu’ayant rencontré au marché dominical, installé sur la place de Rocheville, une très belle jeune femme toute de noire vêtue, ma mère me déclara discrètement, d’un air entendu, qu’elle venait de perdre son mari à la guerre d’Algérie. Plus tard, au cours de mes balades à vélo, je me souviens d’avoir été impressionné en découvrant un camp de baraquements de harkis. Mais je me souviens surtout de l’arrivée en masse des rapatriés d’Algérie, jugés responsables de l’inflation galopante d'alors et du mauvais accueil qui leur fut réservé : certains élèves retrouvant des pieds noirs dessinés sur leur pupitre. Jean-Pierre Bacri, mon ainé d’une année, dont le père, facteur, distribuait le courrier dans notre quartier et qui était élève dans une classe supérieure à la mienne au lycée Carnot de Cannes, fut l’un d’entre eux. 
by Jacky Barozzi 20 June 2026
Une bouleversante passion Je suis venu pour la première fois à Lisbonne en juillet 1981, suite à ma rencontre l’hiver précédent à Paris d’Antonio Felicio, un jeune Portugais de 18 ans, qui m’inspira une violente passion amoureuse. Un sentiment proche de la maladie, qui donna une nouvelle impulsion à ma vie aux abords de la trentaine. C’est en sa compagnie que j’ai découvert son pays, sa culture, ses poètes et… la saudade. Lisbonne, ancienne capitale européenne, était alors, avant l’entrée du Portugal dans la Communauté économique européenne (CEE ) en 1986, une ville grise, pauvre et encore toute empreinte de l’âme portugaise. Ce qu’elle n’est plus, hélas ! C’est à ce jeune compagnon, dont le patronyme pourrait se traduire par Antoine le Bienheureux, et dont le départ me laissa désemparé après moins d’une année de vie commune, que j’ai dédié mon « Goût du Portugal » (2017).
by Jacky Barozzi 12 June 2026
Vue de l’église de Lucéram depuis le parking de la route de l’Authion. Ma grand-mère de Lucéram J’aimais beaucoup ma grand-mère maternelle, Joséphine Dalmas, née Paul. Adolescent, j’allais souvent partager mes quelques rares journées de vacances avec elle, alors veuve et solitaire, dans notre maison familiale de la rue de la Tour à Lucéram. C’était une vieille femme douce et calme, toute petite, rondouillette sans être grosse, qui avait eu neuf enfants. Contrairement à ma mère, particulièrement nerveuse et exaltée, qui se flattait d’avoir été éduquée chez les religieuses à Nice, et tenait sa mère pour une paysanne, ma grand-mère n’était pas très croyante. Le maire communiste du village était d’ailleurs l’un de nos cousins. Enfant, j’étais déjà très agaçant avec mes questions. Questions auxquelles elle répondait toujours avec précision et gentillesse. Elle me raconta que ses parents l’envoyait à l’école seulement les jours de pluie, le reste du temps elle devait aller travailler dans nos champs et nos campagnes, comme tous les enfants du village. Elle n’avait appris qu’une fable de la Fontaine, celle du Laboureur et de ses enfants , qu’elle me récitait de sa petite voix chevrotante et sa principale lecture était Le Patriote , le quotidien communiste Niçois de l’époque. Un jour que je lui demandai : « Mémé, pourquoi es-tu communiste ? », elle me répondit que c’était grâce au Front Populaire qu’elle avait droit désormais à une retraite et à la sécurité sociale en tant qu’épouse d’agriculteur, elle qui n’avait joui d’aucune allocation familiale pour élever ses enfants au début du XXe siècle. Habillée d’une blouse noire toute la semaine, le dimanche matin elle revêtait son unique robe bleue marine à pois blanc et partait toute pimpante à la messe. Quand je lui demandai : « Mémé pourquoi vas-tu à la messe, alors que tu es communiste ? », elle me répondit, tout aussi calmement, que l’un n’empêchait pas l’autre et que c’était pour elle comme d’aller au théâtre. Cela lui permettait en outre de rencontrer tous ses parents et connaissances et d’avoir ainsi les dernières nouvelles du village. Elle est morte en mai 1968 et fut enterrée le jour où je passai les épreuves du brevet. Je n’ai donc pas pu assister à la cérémonie funéraire, mais je ne manque jamais d’aller me recueillir sur sa tombe chaque fois que je passe à Lucéram.
by Jacky Barozzi 10 May 2026
Légende 1 : C’est reparti pour un tour ! Depuis près de quatre-vingts ans, le petit monde du cinéma se retrouve régulièrement au Festival de Cannes. Un rendez-vous incontournable, auquel, mondovision oblige, nul habitant de la planète n’est tenu d’échapper. La 79e édition se tiendra du 12 au 23 mai 2026. Le cinéaste sud-coréen Park Chan-wook présidera le jury. Cette année, le réalisateur néo-zélandais Peter Jackson et l'actrice et chanteuse américaine Barbra Streisand recevront une Palme d'honneur. Eye Haïdara sera la maîtresse de cérémonie d'ouverture et de clôture du Festival et le film d'ouverture programmé est La Vénus électrique de Pierre Salvadori (interruption momentanée, pour cause d’actualité, de la série Le Festival de Cannes en légendes). 
by Jacky Barozzi 7 May 2026
Légende 1 : En 1956, le plus jeune et le plus discret des mousquetaires de la Nouvelle Vague, Louis Malle, prit tout le monde de court en emportant à Cannes, à 23 ans, la Palme d’Or pour Le Monde du silence . Un prix partagé il est vrai avec le Commandant Cousteau. Qui plus est, pour un documentaire, qui recevra l’année suivante, un Oscar aux États-Unis. Inspiré d’un livre éponyme de 1953, l’originalité de ce film, d’une durée d’une heure et vingt-six minutes, est due principalement à ses plans d’explorations sous-marines en couleur. Cette année-là, citons parmi les autres films en compétition : Le Mystère Picasso de Henri-Georges Clouzot, Sourires d'une nuit d'été d'Ingmar Bergman, L'Homme qui en savait trop d'Alfred Hitchcock, Vivre dans la peur d'Akira Kurosawa ou encore La Complainte du sentier de Satyajit Ray. 
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