Le cimetière des gloires nationales



Le 9 octobre, Robert Badinter, ancien ministre de la Justice de François Mitterrand, a fait son entrée au Panthéon. Sinon son corps, du moins son cercueil. Sa dépouille, quant à elle, demeure dans le carré juif du cimetière de Bagneux (Hauts-de-Seine), afin que son épouse, Élisabeth Badinter, puisse le rejoindre le moment venu. En guise de corps, cinq objets ont été déposés dans le cercueil : sa robe d’avocat, une copie de son discours sur l’abolition de la peine de mort et trois livres : Choses Vues de Victor Hugo, Condorcet : Un intellectuel en politique, ouvrage écrit en commun avec Élisabeth Badinter et Idiss, son livre écrit en hommage à sa grand-mère. Quand le corps n’est pas là, la

« panthéonisation », plus symbolique que réelle, ne perd t-elle pas en grande partie son sens ? D’autant plus que ce n’est pas la première fois que l’on assiste à une entrée au Panthéon sans corps. 


   Construit au XVIIIe siècle par décision de Louis XV en tant qu'église dédiée à sainte Geneviève et destinée à abriter les reliques de la sainte, le Panthéon fut transformé au début de la Révolution française (1789-1799) en un monument funéraire en l'honneur des grands personnages de l'histoire contemporaine, pour accueillir en premier lieu la dépouille du comte Honoré-Gabriel Riqueti de Mirabeau, mort en 1791 (il en sera retiré quelques mois plus tard à la suite de la découverte de sa correspondance secrète avec le Roi). 

   D’autres personnalités, à peine admises, en ont également été retirées par la suite, tels Louis-Michel Lepeletier de Saint-Fargeau, Auguste Marie Henri Picot de Dampierre et Jean-Paul Marat.

   Seuls deux illustres écrivains traverseront la période révolutionnaire : François Marie Arouet dit Voltaire entré au Panthéon en 1791, ainsi que Jean-Jacques Rousseau entré en 1794.



L'entrée solennelle du cercueil vide de Robert Badinter.




   Bâti dans le style néo-classique sous la direction de Jacques-Germain Soufflot (1713-1780), son architecture reprend notamment la façade du Panthéon de Rome, annonciatrice de la destination future du monument ? 

   L'édifice, en forme de croix grecque, est surmonté d'un dôme haut de 83 mètres, inspiré du Tempietto de l'église San Pietro in Montorio, également à Rome.

   D’une longueur de 110 m et d’une largeur de 84 m, sa façade principale est décorée d’un portique aux colonnes corinthiennes, surmonté d’un fronton triangulaire exécuté par David d'Angers. 

   Ce fronton représente la Patrie (au centre) donnant la Liberté et protégeant à sa droite les Sciences, les philosophes, les écrivains et les artistes et à sa gauche l'Histoire.

   L’intérieur est décoré par des peintres académiques comme Puvis de Chavannes, Antoine-Jean Gros, Léon Bonnat ou Cabanel.




L'intérieur du Panthéon dans toute sa splendeur.


   La crypte couvre toute la surface de l'édifice. Elle est constituée de quatre galeries, situées chacune sous les bras de la nef. Toutefois, elle n'est pas véritablement enterrée puisque des fenêtres, en haut de chaque galerie, s'ouvrent sur l'extérieur.

   On y accède par une salle décorée de colonnes doriques (en référence au temple de Neptune à Paestum, que Soufflot avait visité pendant son voyage en Italie). En avançant, on découvre, au centre du bâtiment, la vaste salle voûtée de forme circulaire et la petite pièce centrale, située juste sous le dôme. 

   Les dimensions de la crypte offre une capacité totale d'accueil d'environ 300 places ! 


   Après une longue période de déshérence sous la Restauration et le Second Empire, c’est seulement avec l'enterrement de Victor Hugo, en 1885, que l'édifice retrouve sa fonction définitive de panthéon. 




Les manes de Voltaire.



   En attendant l’entrée prochaine au Panthéon de l'historien et résistant Marc Bloch, le 16 juin 2026, on recense à ce jour 83 personnalités dont le gouvernement au pouvoir a décidé la « panthéonisation ».

   Parmi elles, seules 74 personnalités ont une tombe, un cénotaphe ou une urne funéraire dans la crypte du monument :  Voltaire y a été transféré sans son coeur ni son cerveau (récupérés, l’un et l’autre, lors de son autopsie par le marquis de Villette et l’apothicaire Mitouart) ; Louis Braille, inventeur de l’écriture tactile pour les aveugles, a été inhumé sans ses mains (conservées dans une urne scellée à Coupvray en Seine-et-Marne, ville d’où son corps a été exhumé en 1952) ; seul le coeur de Léon Gambetta, prélevé lors de l’autopsie du père fondateur de la IIIe République, demeure dans une niche de l’escalier qui descend à la crypte depuis le 11 novembre 1920 alors que sa dépouille est enterrée à Nice ; tandis que les cendres

 « présumées » de Jean Moulin ont été transférées au Panthéon en 1964 ainsi que les cénotaphes de Joséphine Baker, qui repose à Monaco, et d’Aimé Césaire, inhumé en Martinique. 

   Parmi ces 83 personnalités, six femmes y ont été inhumées pour leur propre mérite : Marie Curie, Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Germaine Tillion, Simone Veil, Joséphine Baker et Mélinée Manouchian. Auxquelles s'ajoute Sophie Berthelot, épouse de Marcellin Berthelot, inhumée au Panthéon pour respecter leur souhait de ne pas être séparés dans la mort.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_personnes_transférées_au_Panthéon_de_Paris




par Jacky Barozzi 23 août 2026
Square Jean-XXIII. Le premier square public de Paris Les deux squares situés au chevet de Notre-Dame de Paris, à l’est de l’île de la Cité, vont faire l’objet d’un réaménagement complet. L’occasion de rappeler leur histoire. SQUARE JEAN-XXIII 1844 4° arr., quai de l’Archevêché, rue du Cloître-Notre-Dame, M° Cité C’est sous Louis XIII, en 1622, que l’évêché de Paris fut érigé en archevêché et sous Louis XIV, en 1697, que l’archevêque Louis-Antoine de Noailles, futur cardinal, transforma l’ancienne demeure épiscopale en un superbe palais, siège de l’archevêché. Il se dressait au chevet de Notre-Dame et tout l’espace alentour, entre la cathédrale et la Seine, était occupé par un lacis de ruelles et un entrelacs de maisons et de chapelles. Saccagé lors des émeutes de 1831, le palais de l’Archevêché fut bientôt démoli et c’est sur ce terrain laissé vague que le préfet de la Seine Rambuteau décida d’ouvrir un jardin public en 1844. Il créait ainsi le premier square public de quartier, type qu’Haussmann allait développer sous le Second Empire. Dans ce simple carré entouré de grilles, Rambuteau fit installer des bancs, ce qui était alors extrêmement rare tant on craignait de nuire à la location des chaises ! En 1845 fut inaugurée au centre du square la Fontaine de la Vierge, une œuvre néogothique de l’architecte Vigoureux sculptée par Louis Merlieux.
par Jacky Barozzi 18 août 2026
L’enfance abandonnée SQUARE TROUSSEAU (3 757 m2) - 1906 Rue du Faubourg-Saint-Antoine, rue Théophile-Roussel, rue Antoine-Vollon, rue Charles-Baudelaire Métro : Ledru-Rollin Situé au coeur du quartier des artisans et marchands de meubles du Faubourg-Saint-Antoine, le square Trousseau a succédé à l'ancien hospice des Enfants-Trouvés, devenu hôpital Trousseau en 1880 et démoli en 1902. Il honore la mémoire du médecin français Armand Trousseau (1801-1867), dont le nouvel établissement qui porte son nom a été reconstruit avenue du Docteur-Arnold-Netter, dans le XIIe arrondissement.
par Jacky Barozzi 13 août 2026
En revenant de l’éclipse Chedly, Vita et moi sommes allés observer l’éclipse sur l’esplanade du Château de Vincennes, hier soir. 
par Jacky Barozzi 21 juillet 2026
L’Hôtel de Paris est le plus ancien des hôtels de Trouville (Calvados) et ses alentours. Construit en 1840 par Isidor Desseaux pour répondre à la demande des touristes mondains. Oublier la canicule Du 18 au 21 juillet, Chedly, Vita et moi, accompagnés de ma petite soeur Marinette, venue nous rendre visite à Paris, nous sommes partis passer un week-end tonifiant à Trouville afin de sortir de la torpeur caniculaire. Là, nous avons trouvé refuge dans un agréable appartement de trois pièces, aménagé dans l’ancien hôtel de Paris, rue de Paris. 
par Jacky Barozzi 12 juin 2026
En attendant la sortie du soir, Vita ronge son os au fond de la salle de bain. Vita et les filles de joie À cause de (ou grâce à) Vita, Chedly et moi entretenons des relations courtoises avec les deux travailleuses du sexe, qui officient quotidiennement dans notre quartier à la nuit tombée. Elles se tiennent habituellement dernière notre groupe d’immeubles en lisière du cimetière Sud de Saint-Mandé. Un endroit discret à souhait du XIIe arr., entre le périphérique et le bois de Vincennes. Chaque fois qu’elle les croise, au cours de la dernière promenade hygiénique du soir, Vita se jette sur elles, leur fait la fête et exige sa part de caresses en retour. Ce qu’elles font bien volontiers. Il y a d’abord Claudia, une créature improbable dont je ne saurais dire avec précision l’âge exact et à quel sexe elle appartient. Une marocaine à la voix rauque, une perruque posée de travers sur le crâne, en jupe courte noire en latex et bas résille filés. Je ne l'ai jamais vue sans une canette de bière à la main. Les yeux et les pommettes outrageusement fardés, masquant parfois de gros hématomes. Quand elle aperçoit Vita, elle se précipite vers elle, s’exclamant d’une voix pâteuse : « Ah, Vita, tu me reconnais ! Toi tu m’aimes ! Oui, t’es belle, ma fifille ! Moi aussi, je t’aime ! » Avec elle, la conversation, ou plutôt le monologue car je ne lui pose pas de questions, se réduit à quelques banalités sur le thème de la fidélité des chiens, meilleurs amis des hommes, etc. Et puis il y a Olga, une jeune femme d’allure plus sobre et d’un caractère plus déterminé, avec laquelle, malgré son mauvais français, nous pouvons échanger quelques mots. C’est ainsi que j’ai appris qu’elle est Bulgare, pays où elle a laissé sa fille d’une dizaine d’années en garde à sa mère, pour venir travailler à Paris, et qu’elle réside du côté de Pantin. Par quel réseau est-elle arrivée jusqu’ici ? J’ai cru remarquer qu’un jeune type, fumant une cigarette, nous observait parfois dans l’ombre, de loin, durant nos échanges. Elle c’est une gagneuse, sérieuse et toujours fidèle au poste, alors que Claudia disparait souvent durant plusieurs jours. Vita lui sautille aussitôt sur les jambes, lui lèche longuement les mains tandis qu’elle la caresse en lui disant : « Oui, tou é sage Vita, oui tou é belle ! » Mais quand elle la voit farfouiller dans le caniveau, elle n’hésite pas à la gronder : « Non, pas manger ça, Vita, ça sale, toi après malade ! » Et à ma grande surprise, je constate que Vita ne se le fait pas redire deux fois. Comme quoi on peut-être p... mais respectée !
par Jacky Barozzi 5 juin 2026
 La mort de Ambre Il y a un an et demie, Vita, tout juste sevrée, entrait dans notre vie. Elle était accueillie par Ambre, la chienne ariégeoise de ma soeur Marinette. Aujourd'hui, Ambre, 14 ans, est partie...
par Jacky Barozzi 24 mai 2026
Vita prend le frais Samedi 23 mai 2026, en haut des marches cascadantes d'eau de la fontaine du parc de Bercy.
par Jacky Barozzi 23 mai 2026
Vita prend le téléphérique Par un bel après-midi pré caniculaire, je suis partie en promenade avec Chedly et Jacky. Nous avons pris la ligne 8 du métro à la station Porte-Dorée en direction de Créteil. Au terminus Créteil-Pointe-du-Lac nous nous sommes dirigés vers une station de métro ou de RER toute neuve, que je ne connaissais pas ? 
par Jacky Barozzi 26 avril 2026
Lumineuse et discrète Nathalie Baye Le 24 avril 2024, après la messe de funérailles à l’église Saint-Sulpice (6e arr.), Nathalie Baye a été inhumée en toute discrétion dans la 18e division du cimetière du Montparnasse (14e arr.). Un enterrement à son image. Organisé par sa fille Laura Smet, qu'elle a eue avec Johnny Hallyday en 1983, l’actrice a rejoint sa dernière demeure entourée seulement de ses proches. Révélée par François Truffaut dans La nuit américaine (1973), Nathalie Baye a tourné dans plus de quatre-vingts longs métrages réalisés par les plus grands cinéastes du moment. De François Truffaut à Jean-Luc Godard, de Diane Kurys à Tonie Marshall, de Claude Sautet à Marco Ferreri ou Claude Chabrol, Bertrand Blier, Xavier Beauvois, Steven Spielberg, Xavier Dolan ou encore Guillaume Canet. Compagne de Philippe Léotard, auquel elle donna la réplique dans La Balance de Bob Swaim, en 1982, et de Johnny Halliday, avec lequel elle partagea l’affiche du film Détective de Jean-Luc Godard, en 1985, Nathalie Baye, quatre fois césarisées, eut pour partenaires les acteurs les plus en vue, tels Gérard Depardieu, Alain Delon ou Leonardo DiCaprio. 
par Jacky Barozzi 3 avril 2026
Aujourd’hui Paris « Périscolaire à Paris : 78 animateurs suspendus depuis janvier, dont 31 pour suspicion de violences sexuelles « Il faut tout revoir depuis le début avec un objectif, la tolérance zéro », a déclaré le nouveau maire de la capitale, Emmanuel Grégoire, en présentant un plan d’action pour le périscolaire qui promet aux familles une « transparence totale » (Le Monde) Faisons crédit à Emmanuel Grégoire, qui a désormais les pleins pouvoirs pour agir. Une affaire à suivre de très près. Mais il y a tant d’autres dossiers en urgence : propreté, anti communautarisme, développement d’espaces verts, une circulation et mobilité plus harmonieuse, respect et entretien du patrimoine minéral et végétal, assainissement financier de la dette, maîtrise du budget, mesures favorables au retour de la classe moyenne dans la capitale, contrôle et régularisation des risques d’un excès touristique, physique et économique… Bref, un Paris avant tout plus favorable aux Parisiens, à pied, en vélo, en auto ou en métro-bus et tramway !