Pablo Picasso (1881-1973), La baie de Cannes, 1958




Cannes, Picasso et moi



   En 1966, l’été de mes 14 ans, je m’étais fait embaucher comme garçon de course chez Stehly, une élégante petite boutique de mode située au 32, boulevard de la Croisette, juste après l’agence immobilière John Taylor.

   La patronne, madame Lachaise, une petite femme sèche et ridée, à l'allure distinguée et autoritaire de Coco Chanel, m’avait à la bonne.

   En retrait de la boutique, s’élevait un bel immeuble moderne dont les terrasses faisaient front à la mer.

   Là se trouvait le cabinet du plus renommé dentiste de la ville.

   Un jour, en sortant d’une consultation, Picasso, alors octogénaire, et sa jeune femme Jacqueline, vinrent directement chez Stehly, où cette dernière acheta deux jupes droites en Tergal et trois ou quatre chemisiers en batiste de coton.

   Pendant que, dans la cabine d’essayage, madame Lachaise et Odette, la couturière, prenaient les mesures de leur cliente, en vue des dernières retouches à apporter aux vêtements choisis par celle-ci, Picasso attendait bien sagement assis sur un petit tabouret rembourré, dans le fond gauche du magasin, là où, entre deux livraisons à bicyclette, j’occupais habituellement le tabouret de droite.

   De temps à autre, Picasso et moi, échangions de brefs coups d’oeil.

   Sous son regard noir, intense, qui put paraitre terrifiant, je devinais celui, plus craintif, d’un enfant apeuré.

   Comme si l’ogre s’était soudain transformé en Petit Poucet.

   Je savais parfaitement qui il était.

   Lors de mes ballades à vélo, j’étais passé plus d’une fois aux abords du mas de Mougins, sa dernière demeure, après la villa La Californie, où il résida de 1955 à 1961. 

   Il vivait désormais dans un ancien moulin et ses dépendances, cachés derrière des murs de pierre sèche et de hauts cyprès, jouxtant la chapelle Notre-Dame-de-Vie.

   C’est alors qu’une pensée pernicieuse vint se loger dans ma tête.

   Serais-tu capable de te lever, d’aller prendre le grand calepin de madame Lachaise, ainsi qu’un crayon, dans le tiroir du comptoir à l’entrée, puis de revenir au fond du magasin et demander au peintre, en prenant ton air le plus candide, à la manière du Petit Prince de Saint-Exupéry : « Voudriez-vous bien me faire un dessin ? »

   Pesant le pour et le contre, hésitant longuement, tandis que je sentais son regard peser sur moi, je n’ai finalement pas osé.





La villa La Californie, que le peintre quitta en 1961, à la suite de la construction d'un grand immeuble lui masquant en partie la vue sur la mer.





La chapelle Notre-Dame -de-Vie de Mougins.





     Picasso, Les Colombes, Cannes, 1957.




par Jacky Barozzi 3 avril 2026
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par Jacky Barozzi 3 février 2026
La toute nouvelle place Félix-Eboué (12e arr.) Les vieilles fontaines dont on fait les meilleures places Inaugurée le 31 janvier dernier, la nouvelle place Félix-Eboué (12e arr.), où la circulation automobile a été réduite à la portion congrue, fait la part belle aux piétons. Désormais, les véhicules ne peuvent plus passer que sur deux voies au nord de la fontaine, la partie sud étant réservée aux passants, cyclistes et véhicules de secours. Après 18 mois de travaux, réalisés par tronçons successifs afin de maintenir une circulation permanente et la remise à neuf de la chaussée, la place totalise aujourd’hui plus de 3 000 m2 d’espace piéton, 1 000 m2 d’espaces végétalisés, dont 270 m2 de pelouse. Elle s’est enrichie d’une soixantaine d’arbres de grand développement, venus renforcer les anciens sujets préexistants sur la place. Tandis que la fontaine aux Lions bénéficie d’une nouvelle mise en lumière et que tout autour de nombreux bancs, les grilles d’arbres, une fontaine Wallace, un kiosque à journaux et un bâtiment réservé aux associations de quartier ont été installés et s’inspirent tous du style haussmannien, propre au mobilier urbain de l'époque de création de la fontaine. Le budget initial de 8 millions d'euros a fait l’objet de plusieurs rallonges pour dépasser les 15 millions.
par Jacky Barozzi 5 janvier 2026
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par Jacky Barozzi 2 janvier 2026
Fin du week-end du Nouvel An A peine installée dans le train de retour à Paris, Vita, après une longue promenade, sous la pluie puis le soleil, sur les planches de Dauville, à l’air légèrement épuisée. Heureusement que ses deux humains, Chedly et Jacky, en reviennent, eux, regonflés d’iode et d'air marin, tout pleins d'une tonicité retrouvée... Bonne nouvelle année à tous ! 
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28e édition du circuit des crèches de Lucéram Depuis 1998, le village de Lucéram se transforme chaque fin d’année en un vaste musée en plein air de la crèche. Jusqu’au dimanche 4 janvier, dans le cadre remarquable de ses ruelles tortueuses et de ses placettes, plus de 450 crèches originales et un musée de la crèche sur la place du village, oeuvres des artistes et des habitants, font la joie des visiteurs, petits et grands. C’est ouvert tous les jours et c’est gratuit. A ne pas manquer l’évènement final qui clôt cette manifestation le dimanche 4 Janvier 2026 : « L'Arrivée des Rois Mages » Départ de la Mairie à partir de 14h, avec une distribution de la galette des Rois géante et de pièces d’Or en chocolat aux enfants. Une galette géante de15m de long, confectionnée et offerte aux visiteurs par le boulanger de Lucéram. https://www.lelezarddeparis.fr/le-cote-du-comte 
par Jacky Barozzi 22 décembre 2025
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par Jacky Barozzi 20 novembre 2025
Bonjour tristesse à l’Hôtel de Ville ! A l’occasion du dixième anniversaire des attentats du 13 novembre 2015, un jardin en hommage à la mémoire des victimes vient d’être inauguré sur la place Saint-Gervais (4e arr.), au proche voisinage de l’Hôtel de Ville. Là, où s’élève devant la haute façade de l’église Saint-Gervais-Saint-Protais, un orme centenaire, présent et sans cesse renouvelé depuis le Moyen Âge, marquant symboliquement l’emplacement où la justice était jadis rendue. Ce nouveau jardin de 3 500 m2, plus minéral que végétal, s’organise autour de six grands blocs de granit bleu, symbolisant chacun les lieux des attentats : le Stade de France, Le Carillon / Le Petit Cambodge, La Bonne Bière / Le Casa Nostra, La Belle Équipe, Le Comptoir Voltaire et le Bataclan. Sur chaque bloc, sont gravées les noms des 132 victimes. Sans remettre en cause l’idée de trouver un site unique afin de rendre un hommage collectif à ces victimes, dont le nom figure déjà sur des plaques apposées devant chacun des lieux où les attentats se sont déroulés, on peut s’interroger sur l’opportunité de sanctuariser ainsi un espace géographique au coeur même de la capitale. Un enclos spécifique au cimetière du Père-Lachaise n’aurait-il pas mieux convenu ? Et pourquoi les seules victimes de cet attentat en particulier et non pas les nombreuses autres victimes d’attentats, des guerres civiles ou des divers combats de libération, qui ont ensanglanté l’histoire de la capitale ? A ce train-là, Paris tout entier ne serait plus qu’un vaste cimetière sous la lune !
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