
« The Mastermind » de Kelly Reichardt, avec Josh O'Connor, Alana Haim et John Magaro.
Au tournant des années 1970, on a assisté, entre le Nouvel Hollywood et le cinéma indépendant, à l’émergence d’un cinéma d’auteurs américains.
Nourris du cinéma européen, leurs représentants nous ont donné à voir des films tels que « Le lauréat » de Mike Nichols (1967), « Bonnie and Clyde » d’Arthur Penn (1967), « Macadam Cowboy » de John Schlesinger (1968), « L'étrangleur de Boston » de Richard Fleisher (1968), « Klute » de Alan J. Pakula (1971), « Cabaret » de Bob Fosse (1972), « Pat Garrett et Billy the Kid » de Sam Peckinpah (1973),
« Mean streets » de Martin Scorsese 1973) ou encore « Une femme sous influence » de John Cassavetes (1974).
C’est dans cette veine que s’inscrit la filmographie singulière de la réalisatrice américaine Kelly Reichardt, 61 ans, dont le dernier opus nous renvoie directement à cette époque bénie.
Situé dans le Massachussetts de 1970, « The Mastermind » nous conte, sous la forme d’un film de braquage revisité, les tribulations d’un jeune époux et bon père de famille d’origine bourgeoise, en quête de solution radicale et de sensations fortes.
Avec deux complices, notre branquignol, dans la peau duquel Josh O’Connor se fond avec un délice visible, s’introduit dans un musée et dérobe des tableaux de valeur.
Mais ne se reconvertit pas dans le trafic d'œuvres d'art qui veut.
Loin d’enrichir notre artisan menuisier au chômage, cet exploit marque plutôt le début d’une dégringolade irrémédiable.
Ce à quoi s’attache principalement le film de Kelly Reichardt.
Avec son éclairage glauque, ses longs plans rythmés exclusivement par une musique jazzy lente et nostalgique, sur fond d’une jeunesse contestataire contre la guerre du Vietnam et passablement hippie, ce film d’errance plus que d’action, nous restitue, via une galerie de portraits et de lieux sinistres, une ambiance vintage particulièrement déconcertante.
Une vision de l’Amérique dans laquelle les oeuvres originelles, mentionnées plus haut, nous avaient donné à espérer.
Un film peu réjouissant, formellement brillant mais limite ennuyeux, dont le seul avantage est de m’avoir mieux fait comprendre comment cette Amérique-là avait pu abandonner, aujourd’hui, les clés du pouvoir au président que l’on sait !
https://www.youtube.com/watch?v=tjPbLXeAm-Y







