
La toute nouvelle place Félix-Eboué (12e arr.)
Les vieilles fontaines dont on fait les meilleures places
Inaugurée le 31 janvier dernier, la nouvelle place Félix-Eboué (12e arr.), où la circulation automobile a été réduite à la portion congrue, fait la part belle aux piétons.
Désormais, les véhicules ne peuvent plus passer que sur deux voies au nord de la fontaine, la partie sud étant réservée aux passants, cyclistes et véhicules de secours.
Après 18 mois de travaux, réalisés par tronçons successifs afin de maintenir une circulation permanente et la remise à neuf de la chaussée, la place totalise aujourd’hui plus de 3 000 m2 d’espace piéton, 1 000 m2 d’espaces végétalisés, dont 270 m2 de pelouse.
Elle s’est enrichie d’une soixantaine d’arbres de grand développement, venus renforcer les anciens sujets préexistants sur la place.
Tandis que la Fontaine aux Lions bénéficie d’une nouvelle mise en lumière et que tout autour de nombreux bancs, les grilles d’arbres, une fontaine Wallace, un kiosque à journaux et un bâtiment réservé aux associations de quartier ont été installés et s’inspirent tous du style haussmannien, propre au mobilier urbain originel de la place.
Le budget initial de 8 millions d'euros a fait l’objet de plusieurs rallonges pour dépasser les 15 millions.

La ville en rose !
Histoire de la fontaine
La fontaine Daumesnil, dite aussi fontaine aux Lions, avait été créée en 1869 pour remplacer la fontaine du Château-d’Eau, devenue alors trop étroite, au centre de la place du Château-d’Eau (l’actuelle place de la République), qui avait été entièrement réaménagée par Haussmann au Second Empire.
Elle dut elle-même être démontée en 1879 pour permettre l’érection du Monument à la Gloire de la République, réalisé par les frères Morice.
Elle fut réinstallée en 1884 au centre de la place Daumesnil (rebaptisée en 1946 du nom du gouverneur Félix-Eboué).
Œuvre de l’architecte Gabriel Davioud, elle se compose d’un grand bassin circulaire contenant trois autres bassins superposés en gradins.
Assis sur des piédestaux tout autour, huit majestueux lions en bronze, sculptés par Henri-Alfred Jacquemart, crachent leurs jets dans le premier bassin.
Au centre de la fontaine, une grande vasque, soutenue par huit consoles décorées de têtes de femmes sculptées dans la pierre par Louis Villeminot, supporte une deuxième vasque d’où retombe en cascade une puissante gerbe d’eau.
Située au point de rencontre des principales artères de l’arrondissement, cette féerique fontaine, éclairée à la nuit tombée, est tout entière placée sous le signe du lion, l’un des animaux les plus représentés dans les rues de la capitale avec le dauphin et le cheval.
Considéré comme le roi des animaux, et généralement associé aux dieux dans les diverses religions, le lion symbolise tout à la fois la puissance, la vigilance, le courage et la justice.

La place avant...

... et aujourd'hui. Qui a dit que c'était mieux avant ?
© Jacques Barozzi
Auteur du guide Paris de fontaines en fontaines, consultable gratuitement sur le site du LéZard de Paris
https://www.lelezarddeparis.fr/de-fontaine-en-fontaine-12






