
Jeanne Moreau en 1958.
Santiago H. Amigorena
Il y avait, au festival de Cannes, plusieurs sortes de fêtes : les fêtes dans le Palais, les fêtes sur les plages, les fêtes dans les villas, les fêtes au château, les fêtes au Palm Beach, les fêtes à La Napoule, les fêtes à Mougins, Antibes ou Juan-les-Pins, les fêtes un peu pourries (et parfois les plus réussies) au pavillon bulgare, togolais ou péruvien, les fêtes mythiques (souvent chimériques) sur les yachts mouillant au large, les fêtes après les fêtes dans les chambres d’hôtel ou les boites de nuit. Ces fêtes étaient organisées pour différentes raisons : fêter la projection d’un film, l’ouverture ou la clôture du festival ou des sections qu’on dit « parallèles » (Un certain regard, la Quinzaine, la Semaine), fêter les succès obtenus par un producteur ou un distributeur pendant l’année écoulée, fêter les trente, les quarante, les cinquante, les soixante ans du festival, ou même fêter un autre anniversaire, plus humain (…) Dans ces années les plus fastes, il devait y avoir, au festival, entre dix et vingt fêtes chaque soir. (…) En fête, en trente ans de festival, je n’ai vu que cinq ou six fêtes devenir de vraies fêtes. Une tous les cinq ou six ans. Oui, comme on dit, c’est « cher payé ». Mais c’est le festival de Cannes.
Le Festival de Cannes ou Le Temps perdu







