
Jean Ricardou
Enfin, dégageant peu à peu, au cours de sa lente montée, le paysage des obstacles qui le masquaient — replis de terrains, maisons, arbustes —, le funiculaire s'est arrêté au sommet de la colline. Mais, à la sortie de la gare supérieure, tout autour de l'esplanade, les pins et les mimosas masquent, de nouveau, à l'exception d'une luminosité bleue miroitant à travers les ramures, l'espace élargi par l'ascension.
Les voyageurs, désorientés, pivotent lentement sur eux-mêmes, et remarquant une pancarte blanche sur laquelle est inscrit, en majuscules bleues, le mot Observatoire, portent leur attention sur la haute construction de béton, élevée en annexe de la gare. Cette tour de vingt mètres, à section étoilée, pourvue d'un ascenseur extérieur, porte à son extrémité deux plates-formes superposées. La seconde plate-forme, et son socle haut de sept à huit mètres, constituent une sorte de tour plus petite — une
maquette — élevée au sommet de la tour principale.
Une seconde pancarte, peinte en bleu sur le socle de la tour, porte, en lettres blanches, une impérative annonce publicitaire :
« Ici vue 1 sur 10 — Observatoire vue 10 sur 10. Si vous redescendez de Super-Cannes sans être monté par ascenseur au sommet de la tour vous aurez fait une excursion inutile. Panorama sensationnel de Saint-Tropez à San-Remo. »
L’Observatoire de Cannes







