
Georges Simenon
À Rocheville, il tourna à droite, longea le mur du cimetière, de l’hôpital, descendit la rue Louis Blanc et franchit le pont du chemin de fer. Il faisait le même chemin trois fois par semaine, cherchant toujours à garer sa voiture devant la boucherie d’abord, ensuite, s’il ne trouvait pas de place, dans l’étroite rue Tony-Allard, près de la crémerie peinte en bleu clair où il se fournissait.
Le marché Forville battait son plein et la preuve que la saison était commencée c’est qu’on apercevait quelques femmes en short, voire en maillot de bain, des lunettes sombres sur les yeux, des chapeaux plus ou moins chinois sur la tête.
(…)
- Alors, monsieur Émile ? Vous avez du monde ?
Des odeurs de fromages. Des vendeuses à la peau claire, au tablier très blanc.
- Deux pensionnaires, toujours les mêmes.
- Cela va venir. Hier, on a commencé à voir des embouteillages sur la route.
Il chercha sa liste dans sa poche, fit sa commande, déchiffrant non sans peine l’écriture de Mme Lavaud.
Dimanche







