
« À pied d'œuvre » de Valérie Donzelli, avec Bastien Bouillon, André Marcon, Virginie Ledoyen et Valérie Donzelli.
Dans sa chronique de La République des livres, datée du 29 juillet 2023, Pierre Assouline, membre du jury du Prix Goncourt écrit : « Au moment de boucler cette chronique, un gros paquet de livres bien ficelé cogne à nouveau contre ma porte comme tous les jours désormais. Quand l’un s’échappe pour venir à vous, il faut le prendre comme un signe. Le cas d’A pied d’œuvre de Franck Courtès, 182 pages bien ciselées chez Gallimard. L’histoire authentique d’un photographe, portraitiste à succès dans la presse tendance, qui renonce à cette vie là pour se consacrer à l’écriture. Sa passion de la littérature le mène à la vraie pauvreté. Il en vient à exercer ici ou là mille petits métiers d’appoint juste pour manger- pour une fois, l’expression est juste. Des travaux alimentaires. On pense à l’inoubliable Journal d’un manœuvre de Thierry Metz, lequel avait fini par se suicider. C’est de la même force. Courtès en fait le récit avec une sobriété, une pudeur, une économie de moyens admirables. Terrible. A la toute fin, on lui annonce qu’il figure comme finaliste du Goncourt de la nouvelle. Joie ! Il reçoit des coups de fil de félicitations de toutes parts. Et un autre lui demandant de venir réparer une chasse d’eau dans le VIIe arrondissement. « 25 euros, ça vous va ? ». Dans les dernières pages, il dresse l’inventaire de toutes les taches qu’accomplit au quotidien l’homme à tout faire qu’il est devenu par la force des choses, et de toutes les fonctions qu’il peut remplir. La dernière : « Ecrivain ». Ce n’est pas un roman. »
Le film éponyme, sorti cette semaine, est en tout point fidèle au livre.
Nous contant l’irrémédiable paupérisation d’un écrivain dans un monde économique largement dominé par l’ubérisation.
Bastien Bouillon est convaincant dans le rôle du héros néo pauvre et Virginie Ledoyen parfaite en éditrice peu désireuse d’éditer un auteur de moins de 5 000 lecteurs, quelque soit par ailleurs son talent littéraire.
Malgré un sujet me concernant plus ou moins, je n’ai pas été à proprement parler emballé par ce film idéal pour ouvrir un débat sociétal télévisuel, à la manière des Dossiers de l’écran de jadis.
Plus anecdotique que franchement sociologique et politico-économique, l'adaptation donnée à voir par la réalisatrice-actrice Valérie Donzelli a le mérite néanmoins de témoigner, à sa manière, que les œuvres de création sont devenues désormais des produits commerciaux comme les autres.
Mais ça, vous le saviez déjà, non ?
https://www.youtube.com/watch?v=wVQ_44bnZ1k






