
Les dérives du capitalisme
« Marty Supreme » de Josh Safdie, avec Timothée Chalamet, Gwyneth Paltrow, Odessa A’zion, Kevin O’Leary et Abel Ferrara.
Le tapage promotionnel et les 9 nominations aux Oscar autour de ce film « à voir absolument » me faisaient craindre le pire.
D’autant plus que l’histoire, inspirée des mémoires de Marty Reisman, un prodige new-yorkais du tennis de table des années 1950 n’avait rien de réjouissant en soi.
Eh bien, contre toute attente, j’ai été emporté par le tourbillon endiablé de ce film d’action et de pur divertissement nous contant les tribulations d’un jeune Rastignac de la raquette en quête de gloire et de fortune.
Porté par un indéniable bagout et croyant en son génie pongétique, notre héros doit affronter successivement ou parallèlement : une mère juive quelque peu abusive ; une petite amie, jeune femme mariée, voulant absolument lui faire endosser sa grossesse ; d’impitoyables hommes d’affaires sans états d’âme ; des sélectionneurs internationaux plus stratégiques que sportifs et même un dangereux mafioso sanguinaire !
Devant la grande machinerie parfaitement huilée de Josh Safdie, son scénario taillé sur mesure avec le concours de Ronald Bronstein, une mise en scène efficace et l’interprétation époustouflante de Timothée Chamalet, mêlant la nervosité d’un Pierre Niney au charme charismatique du jeune Leonardo DiCaprio, je n’ai pu que m’incliner.
https://www.youtube.com/watch?v=BiyHSsWZXEs

« Aucun autre choix » de Park Chan-Wook, avec Lee Byung-Hun, Ye-jin Son et Park Hee-Soon.
Tout aussi critique des effets pervers d’un capitalisme désinhumanisé, sans toutefois non plus remettre en cause ce système économique, le film du cinéaste coréen Park Chan-Wook, adapté d’un roman de Donald E. Westlake, qui avait inspiré en 2005 le film « Le Couperet » à Costa-Gavras, m’a moins convaincu.
Plus contemporain, voir futuriste, l’histoire nous plonge ici dans un monde où les emplois, du fait de la robotisation, se sont définitivement raréfiés.
Si bien que le héros, cadre dans l’industrie papetière, licencié par de méchants actionnaires américains, n’a pas d’autre recours pour retrouver un nouvel emploi que de liquider ses concurrents potentiels.
Hélas, l’abus de formalisme flamboyant et un scénario compliqué à outrance m’a plutôt ennuyé que subjugué.
C’est ainsi, qu’au final, j’attribuerais une médaille d’or au film américain et une médaille de bronze au film coréen.
https://www.youtube.com/watch?v=mBNF60MzXak







