En 1871 la gare de Modane devient gare internationale cogérée par les autorités françaises et italiennes. 




Cannes des Italiens


Laissons Christian Rizzo nous conter l’histoire de l’immigration italienne à Cannes et demandons à David Lisnard et au conseil municipal de restituer au boulevard de la République son appellation d’origine de boulevard d’Italie ! 


   « Depuis plusieurs générations des ouvriers agricoles traversaient la frontière qui nous sépare du Piémont italien et du comté de Nice pour participer aux moissons, à la cueillette des olives, à celle des fleurs à parfums et aux vendanges. Une fois le travail terminé ils rentraient chez eux pour revenir la saison suivante. (…)


    La plupart d’entre eux finiront par s’installer définitivement dans notre ville. Devenus laitiers, de plus en plus nombreux à chaque saison hivernale, ils parcouraient les rues munis de leurs bidons de lait et parfois accompagnés de leurs troupeaux de chèvres en criant : « Qui croup di la ? » Qui achète du lait ?

 

   Avec les ouvriers agricoles et les fermiers, dès les années 1850, de nombreux autres ouvriers italiens viennent chercher en France un travail qui durerait davantage que le temps d’une saison. (…)


   Le « Risorgimento » qui suivit de 10 ans l’unité italienne, qui entraîna le rattachement à la France du comté de Nice et de la Savoie, va considérablement aggraver les conditions de vie des ouvriers agricoles italiens et entraîner un véritable exode de population vers la France. Cet exode va essentiellement concerner les Piémontais frontaliers de notre pays qui vont dans un premier temps s’installer sur la côte à Nice, ou à Cannes qui, grâce au tourisme connaissent une réelle prospérité et à Grasse où l’industrie du parfum permet de fournir des emplois. Il s’agit d’une population très pauvre qui va arriver le plus souvent en famille transportant avec elle, le plus souvent à pied faute de moyens, le peu de biens qu’elle possède.

   Arrivée à Cannes après plusieurs jours de marche à travers les montagnes, ils se regroupent entre nouveaux arrivants ou avec ceux qui les ont précédés dans le quartier du Suquet et, plus tard, boulevard d’Italie, ancien chemin du Cannet, qui fut débaptisé en 1918 en remerciement de l’aide apportée par l’Italie à la France durant la première guerre mondiale. Par un revirement de l’histoire il changera à nouveau de nom après la seconde guerre pour devenir le boulevard de la République, par suite de l’occupation italienne en 1942.


   A leur arrivée, même si une grande solidarité s’organise au sein de la communauté permettant dans un premier temps de trouver chez leurs compatriotes un toit et un couvert, les conditions de vie sont souvent difficiles. (…)


   Ils acquièrent rapidement une solide réputation de bons travailleurs honnêtes et fiables qui leur permet de trouver assez facilement un emploi. Certains d’entre eux vont le trouver dans les villas et les hôtels qui le plus souvent leur fourniront un logement sur place. Ils seront maîtres d’hôtel, valets de pied, jardiniers et chauffeurs.


   Pour les autres ils seront marins, pêcheurs, poissonniers ou cochers. A la Bocca ils deviendront sableurs pour la verrerie ou carriers pour le four à chaux. La fabrique de pâtes Albertini, située route de Grasse, va employer des « vermicelliers ».

   Certains préféreront des petits métiers artisanaux comme cordonniers, matelassiers, tailleurs, charretiers ou vanniers mais la plupart d’entre eux c’est dans le secteur du bâtiment en pleine expansion qu’ils vont trouver un emploi. Les travailleurs italiens seront recherchés comme maçons, terrassiers et peintres. En 1876, parmi les 2 768 travailleurs du bâtiment recensés, les Italiens, en grande majorité piémontais étaient 1 500. (…)

   Les femmes trouveront à s’employer comme couturières, modistes, corsetières, matelassières, blanchisseuses, lingères et femmes de chambre dans les hôtels ou les villas. (…)


   L’intégration des Italiens sera particulièrement rapide grâce aussi aux lois sur la nationalité qui, de 1893 à 1899, vont évoluer. Entre 1880 et 1884 ce sont 3 200 familles d’ouvriers qui passent la frontière et en 1901 elles seront 9 257. En 1906 les Italiens représentent 29,4% de la population cannoise. (…)


   Tout n’est pas cependant facile pour ces nouveaux arrivants, ils souffrent de la xénophobie d’une partie de la population locale, qui leur attribue différents sobriquets comme : « Mangeurs de polenta », « bàbis » (qui en provençal signifie crapauds), « bastardouns » (bâtards), « Pipi », « Macaronis », etc.


   Pendant encore des années l’immigration italienne fut assez mal perçue et les mariages mixtes entre Français et Italiens resteront encore durant quelque temps, mal acceptés mais, après seulement une ou deux génération les descendants de ces Italiens seront parfaitement intégrés à la population locale dont ils deviendront même un des éléments essentiels. »


La Belle Époque à Cannes et sur la Côte d'Azur »)




Triage des roses dans l'entreprise Roure-Bertrand fils, à Grasse. Carte postale © Musée national de l'histoire et des cultures de l'immigration




Famille d’Angelo Galliano, originaire de Roburent (province de Cuneo) et de son épouse Margarita Bellone, originaire de Peveragno. Photographie prise à Cannes, autour de 1915.





par Jacky Barozzi 3 février 2026
La toute nouvelle place Félix-Eboué (12e arr.) Les vieilles fontaines dont on fait les meilleures places Inaugurée le 31 janvier dernier, la nouvelle place Félix-Eboué (12e arr.), où la circulation automobile a été réduite à la portion congrue, fait la part belle aux piétons. Désormais, les véhicules ne peuvent plus passer que sur deux voies au nord de la fontaine, la partie sud étant réservée aux passants, cyclistes et véhicules de secours. Après 18 mois de travaux, réalisés par tronçons successifs afin de maintenir une circulation permanente et la remise à neuf de la chaussée, la place totalise aujourd’hui plus de 3 000 m2 d’espace piéton, 1 000 m2 d’espaces végétalisés, dont 270 m2 de pelouse. Elle s’est enrichie d’une soixantaine d’arbres de grand développement, venus renforcer les anciens sujets préexistants sur la place. Tandis que la fontaine aux Lions bénéficie d’une nouvelle mise en lumière et que tout autour de nombreux bancs, les grilles d’arbres, une fontaine Wallace, un kiosque à journaux et un bâtiment réservé aux associations de quartier ont été installés et s’inspirent tous du style haussmannien, propre au mobilier urbain de l'époque de création de la fontaine. Le budget initial de 8 millions d'euros a fait l’objet de plusieurs rallonges pour dépasser les 15 millions.
par Jacky Barozzi 5 janvier 2026
Le Boulevard Soult (12e arr.) sous la neige. 
par Jacky Barozzi 2 janvier 2026
Fin du week-end du Nouvel An A peine installée dans le train de retour à Paris, Vita, après une longue promenade, sous la pluie puis le soleil, sur les planches de Dauville, à l’air légèrement épuisée. Heureusement que ses deux humains, Chedly et Jacky, en reviennent, eux, regonflés d’iode et d'air marin, tout pleins d'une tonicité retrouvée... Bonne nouvelle année à tous ! 
par Jacky Barozzi 1 janvier 2026
Depuis les planches de Trouville-sur-Mer, Chedly, Jacky et Vita vous souhaitent une Excellente année 2026 !
par Jacky Barozzi 25 décembre 2025
28e édition du circuit des crèches de Lucéram Depuis 1998, le village de Lucéram se transforme chaque fin d’année en un vaste musée en plein air de la crèche. Jusqu’au dimanche 4 janvier, dans le cadre remarquable de ses ruelles tortueuses et de ses placettes, plus de 450 crèches originales et un musée de la crèche sur la place du village, oeuvres des artistes et des habitants, font la joie des visiteurs, petits et grands. C’est ouvert tous les jours et c’est gratuit. A ne pas manquer l’évènement final qui clôt cette manifestation le dimanche 4 Janvier 2026 : « L'Arrivée des Rois Mages » Départ de la Mairie à partir de 14h, avec une distribution de la galette des Rois géante et de pièces d’Or en chocolat aux enfants. Une galette géante de15m de long, confectionnée et offerte aux visiteurs par le boulanger de Lucéram. https://www.lelezarddeparis.fr/le-cote-du-comte 
par Jacky Barozzi 22 décembre 2025
Salon de l'Hôtel-de-Ville, 2002. De gauche à droite : Mourad, Chedly et Jacky.
par Jacky Barozzi 23 novembre 2025
Mon immeuble s'est réveillé sous la neige. 18, bd Soult - 12e arr., 5 h du matin.
par Jacky Barozzi 20 novembre 2025
Bonjour tristesse à l’Hôtel de Ville ! A l’occasion du dixième anniversaire des attentats du 13 novembre 2015, un jardin en hommage à la mémoire des victimes vient d’être inauguré sur la place Saint-Gervais (4e arr.), au proche voisinage de l’Hôtel de Ville. Là, où s’élève devant la haute façade de l’église Saint-Gervais-Saint-Protais, un orme centenaire, présent et sans cesse renouvelé depuis le Moyen Âge, marquant symboliquement l’emplacement où la justice était jadis rendue. Ce nouveau jardin de 3 500 m2, plus minéral que végétal, s’organise autour de six grands blocs de granit bleu, symbolisant chacun les lieux des attentats : le Stade de France, Le Carillon / Le Petit Cambodge, La Bonne Bière / Le Casa Nostra, La Belle Équipe, Le Comptoir Voltaire et le Bataclan. Sur chaque bloc, sont gravées les noms des 132 victimes. Sans remettre en cause l’idée de trouver un site unique afin de rendre un hommage collectif à ces victimes, dont le nom figure déjà sur des plaques apposées devant chacun des lieux où les attentats se sont déroulés, on peut s’interroger sur l’opportunité de sanctuariser ainsi un espace géographique au coeur même de la capitale. Un enclos spécifique au cimetière du Père-Lachaise n’aurait-il pas mieux convenu ? Et pourquoi les seules victimes de cet attentat en particulier et non pas les nombreuses autres victimes d’attentats, des guerres civiles ou des divers combats de libération, qui ont ensanglanté l’histoire de la capitale ? A ce train-là, Paris tout entier ne serait plus qu’un vaste cimetière sous la lune !
par Jacky Barozzi 16 octobre 2025
Les impressions d'automne de Vita Née dans le Var le 26 septembre 2024, Vita s'est installée à son domicile parisien de la Porte Dorée (12e arr.) l'hiver suivant. Depuis, elle se livre à de longues promenades sportives dans le bois de Vincennes voisin, où elle jouit de pas moins de mille hectares de forêt ! Après le printemps et l'été, elle découvre, toujours avec autant de plaisir et d'étonnement son domaine à l'automne...
par Jacky Barozzi 10 octobre 2025
Le cimetière des gloires nationales Le 9 octobre, Robert Badinter, ancien ministre de la Justice de François Mitterrand, a fait son entrée au Panthéon. Sinon son corps, du moins son cercueil. Sa dépouille, quant à elle, demeure dans le carré juif du cimetière de Bagneux (Hauts-de-Seine), afin que son épouse, Élisabeth Badinter, puisse le rejoindre le moment venu. En guise de corps, cinq objets ont été déposés dans le cercueil : sa robe d’avocat, une copie de son discours sur l’abolition de la peine de mort et trois livres : Choses Vues de Victor Hugo, Condorcet : Un intellectuel en politique , ouvrage écrit en commun avec Élisabeth Badinter et Idiss , son livre écrit en hommage à sa grand-mère. Quand le corps n’est pas là, la « panthéonisation », plus symbolique que réelle, ne perd t-elle pas en grande partie son sens ? D’autant plus que ce n’est pas la première fois que l’on assiste à une entrée au Panthéon sans corps. Construit au XVIIIe siècle par décision de Louis XV en tant qu'église dédiée à sainte Geneviève et destinée à abriter les reliques de la sainte, le Panthéon fut transformé au début de la Révolution française (1789-1799) en un monument funéraire en l'honneur des grands personnages de l'histoire contemporaine, pour accueillir en premier lieu la dépouille du comte Honoré-Gabriel Riqueti de Mirabeau, mort en 1791 (il en sera retiré quelques mois plus tard à la suite de la découverte de sa correspondance secrète avec le Roi). D’autres personnalités, à peine admises, en ont également été retirées par la suite, tels Louis-Michel Lepeletier de Saint-Fargeau, Auguste Marie Henri Picot de Dampierre et Jean-Paul Marat. Seuls deux illustres écrivains traverseront la période révolutionnaire : François Marie Arouet dit Voltaire entré au Panthéon en 1791, ainsi que Jean-Jacques Rousseau entré en 1794.