
Le lycée Paul Valéry, 38, boulevard Soult, mon immeuble, à droite, et le bois de Vincennes, au fond, d'après maquette.
Les branleurs et les bosseurs
Depuis mon balcon au cinquième étage du boulevard Soult, dans le 12e arrondissement de Paris, je surplombe deux grands établissements scolaires : le lycée Paul Valéry, sur ma droite, et l’école nationale des métiers de la viande, juste en face.
Le premier est un important établissement scolaire public mixte, qui vient de faire l’objet d’une rénovation complète et forme les élèves de la sixième jusqu’au bac.
Le second, est un centre de formation technique privé, fondé en 1927 par le syndicat de la boucherie de Paris.
Derrière les fenêtres du second établissement, de nombreux jeunes garçons et quelques rares filles observent, amusés, les agissements qui agitent des ados de leur âge sur le boulevard.
Les premiers sont sagement restés attachés à leur poste et travaillent tandis les seconds protestent, contestent, défilent, renversent des poubelles au passage ou y mettent le feu, à grand renfort de tirs de mortier et de fumigènes.
Les uns, sérieux, sont assurés de trouver un emploi à l’issue de leur formation, tandis que les autres, plus festifs, s’amusent sans se douter qu’ils rendent ainsi plus problématiques les conditions de leur future intégration à la vie professionnelle.
Entre le public ou le privé, la droite ou la gauche, les progressistes ou les conservateurs, les contempteurs de l’ordre ou du désordre… la France serait-elle, partout et toujours, coupée en deux ?

L'école nationale des métiers de la viande, 37, boulevard Soult.






