Square Jean-XXIII.
Le premier square public de Paris
Les deux squares situés au chevet de Notre-Dame de Paris, à l’est de l’île de la Cité, vont faire l’objet d’un réaménagement complet. L’occasion de rappeler leur histoire.
SQUARE JEAN-XXIII 1844
4° arr., quai de l’Archevêché, rue du Cloître-Notre-Dame, M° Cité
C’est sous Louis XIII, en 1622, que l’évêché de Paris fut érigé en archevêché et sous Louis XIV, en 1697, que l’archevêque Louis-Antoine de Noailles, futur cardinal, transforma l’ancienne demeure épiscopale en un superbe palais, siège de l’archevêché. Il se dressait au chevet de Notre-Dame et tout l’espace alentour, entre la cathédrale et la Seine, était occupé par un lacis de ruelles et un entrelacs de maisons et de chapelles. Saccagé lors des émeutes de 1831, le palais de l’Archevêché fut bientôt démoli et c’est sur ce terrain laissé vague que le préfet de la Seine Rambuteau décida d’ouvrir un jardin public en 1844.
Il créait ainsi le premier square public de quartier, type qu’Haussmann allait développer sous le Second Empire.
Dans ce simple carré entouré de grilles, Rambuteau fit installer des bancs, ce qui était alors extrêmement rare tant on craignait de nuire à la location des chaises ! En 1845 fut inaugurée au centre du square la Fontaine de la Vierge, une œuvre néogothique de l’architecte Vigoureux sculptée par Louis Merlieux.

Le square Jean-XXIII, côté Seine.
Le square de l’Archevêché s’agrandit en 1911 du terrain longeant Notre-Dame, depuis le pont-au-Double jusqu’au pont de l’Archevêché.
Rebaptisé square Jean-XXIII en 1970, il offre une vue des plus exceptionnelles sur le chevet de la cathédrale gothique.

Square de l'Ile-de-France.
SQUARE DE L’ILE-DE-FRANCE 1914
4° arr., quai de l’Archevêché, M° Cité
Le square de l’Ile-de-France, inauguré en 1914, occupe la pointe orientale de l’île de la Cité. C’était au XIII° siècle la « Motte aux Papelards », de l’ancien français papeler signifiant « marmonner des prières », car cette butte servait à la promenade des chanoines du Cloître Notre-Dame. Etabli au nord de la cathédrale, dans l’espace compris entre les actuelles rues du Cloître-Notre-Dame et d’Arcole et la Seine, le Cloître Notre-Dame, qui n’avait rien à voir avec un cloître de monastère, se présentait comme une cité fermée occupée par les maisons des chanoines de l’Ecole Notre-Dame, l’un des plus célèbres lieux d’études du Moyen Age.
Les chanoines furent expulsés du cloître à la Révolution et l’ancienne butte aux moines fut aménagée en quai sous le Second Empire. Haussmann y installa la morgue en 1864 ; elle y resta jusqu’en 1910 et constituait un but de promenade car on y avait accès ! Elle fut désaffectée en 1914 et on créa le square sur son emplacement.

Intérieur du Mémorial des Martyrs de la Déportation.
En 1962, le général de Gaulle inaugura le Mémorial des Martyrs de la Déportation construit par l’architecte Henri Pingusson dans une crypte en sous-sol, avec une sculpture due à Roger Desserprit.
A l'intérieur du Mémorial, 200 000 bâtonnets de verre symbolisent les innombrables victimes de la déportation dans les camps nazis.
© Jacques Barozzi







