
Gérard Lefort
Pandémonium est un néologisme qui aurait été inventé à la fin du XVIIe siècle par le poète anglais John Milton pour désigner un lieu où règnent chaos, confusion, vacarme et fureur. Autrement dit un enfer.
Pour l’avoir fréquenté pendant plus de trente ans, je peux, du haut de mon immodeste légitimité, témoigner que le Festival de Cannes est un parfait pandémonium où bien des démons s’agitent. Une foire aux vanités qui est aussi un bûcher.
Mais d’expérience, il s’avère que cet enfer est aussi un paradis. Le paradis des films bien évidemment mais aussi l’éden d’une vie quotidienne littéralement extraordinaire : celle du festivalier qui, glissé dans une identité très provisoire, grande duchesse du cinéma ou petit marquis de la critique, habite une principauté d’opérette (Monaco est à un jet de la Riviera) où le comique le dispute au tragique, les coups fourrés aux coups de cœur. Être citoyen du Festival de Cannes, c’est osciller sans cesse entre crise de nerfs, fous rires puissants et joie de vivre, somme toute des grandes vacances, comme une parenthèse enchantée, une clairière maléfique, hors norme, hors de soi et parfois hors la loi, où tous les sortilèges sont possibles.
La foire aux vanités, souvenirs du festival de Cannes







