
Paul Morand
Depuis le jour où lord Brougham, il y a cent ans, y fixa sa résidence, Cannes est devenue colonie anglaise. Après la guerre, les Américains s’y sont installés, précédés ou suivis de ces grands palaces comme les Anglais n’ont jamais accoutumé d’en avoir ; hôtels d’une richesse aride, d’un éclat cruel, d’une tristesse violente, d’une beauté véritablement atroce. Puis les devises étrangères ont fléchi (on a vu des Anglais affolés, en août 1931, y offrir en vain leurs livres à soixante francs), les Français ont peu à peu repris possession de Cannes. Le port, à l’aube ou au coucher du soleil, est dans sa couleur et sa petitesse, par son atmosphère d’élégance, par le bonheur de ses proportions, une des jolies inventions de l’homme en collaboration avec ceux des dieux de l’Antiquité qui ont pris leur retraite sur la Croisette.
Méditerranée, mer des surprises








