
« L’Être Aimé » de Rodrigo Sorogoyen, avec Javier Bardem, Victoria Luengo, Marina Foïs et Raúl Arévalo.
Retour, en fanfare et en compétition, au Festival de Cannes avec Rodrigo Sorogoyen, l’un des jeunes cinéastes espagnols les plus doués de sa génération.
Comment à partir d’un art collectif aboutir à une oeuvre particulière ?
N’est-ce pas le propre du cinéma d’auteur, où le réalisateur, à la tête d’une équipe diverse et variée, depuis les producteurs et scénaristes jusqu’aux interprètes et l’ensemble des techniciens, invite les spectateurs à entrer dans un film en forme de rêve imaginaire le plus personnel et le plus singulier ?
Ici, un cinéaste de stature internationale, offre à sa fille, perdue de vue depuis son enfance, l’un des rôles principaux dans son prochain film.
Un sujet pas forcément original de tournage de film dans le film.
Mais il y a dans le traitement qu’en fait le cinéaste espagnol tout à la fois du François Truffaut, celui de « La Nuit américaine », et du Jean-Luc Godard dans « Le Mépris ».
La dramaturgie romanesque du premier et le soin porté à l’image du second.
S’ajoute à cela la confrontation dans la tradition du grand cinéma américain de deux superbes tempéraments d’acteurs : un Javier Bardem, aux allures d’un Marlon Brandon vieillissant, s’opposant à une Victoria Luengo, en jeune actrice fragile mais cependant déterminée.
Incontestablement, un moment fort de la programmation officielle cannoise de cette année.
Un film pour lequel, à défaut de la Palme d’or, l’attribution du prix d’interprétation masculine à Javier Bardem ne serait pas injustifiée.
https://www.youtube.com/watch?v=WJ5V0BDG6V0








