
« Autofiction » de Pedro Almodóvar, avec Bárbara Lennie, Leonardo Sbaraglia, Aitana Sánchez-Gijón, Victoria Luengo et Patrick Criado.
Un cinéaste vieillissant, à la renommée désormais supérieure à son talent originel et à son imaginaire flamboyant, s’attèle à la rédaction de son prochain scénario.
Il n’est bon qu’à filmer et tient absolument à conserver la première place face à la concurrence des nouveaux cinéastes espagnols émergeants.
Mais ce maître du cinéma d’auteur de l’époque de la Movida, qui n’ a pas son pareil pour tirer le portrait des femmes au bord de la crise de nerf et des beaux hidalgos sexys, n’a t-il pas déjà tout dit, tout montré ?
Qu’importe, plutôt que de se redire, le personnage principal du 24e long métrage de Pedro Almodovar, pas tout à fait semblable à lui-même, mais rajeuni de vingt ans et idéalement mince, va se dédoubler.
Tantôt homme tantôt femme, sous les traits de sa principale collaboratrice, l’une et l’autre accompagnés d’un jeune amant, beau et dévoué, notre cinéaste à défaut d’inspiration propre, ne va pas hésiter à truffer son scénario d’histoires parallèles puisées directement parmi les expériences douloureuses des femmes de son entourage.
Film de fiction ou autobiographique ?
Ni l’un ni l’autre.
Une autofiction, tout simplement.
Ce n’est pas à proprement parler son meilleur film.
Ici, le magicien Almodovar fait du Almodovar.
Un tour de passe passe passablement confus et cousu de fil blanc, mais c’est encore du Almodovar.
Toujours amusant et intéressant.
La provocation consiste ici à présenter, non sans un certain courage, ce film-là en compétition officielle au Festival de Cannes !
https://www.youtube.com/watch?v=LEPH07FriVM








