
« Fjord » de Cristian Mungiu, avec Sebastian Stan, Renate Reinsve et Lisa Carlehed.
Seconde Palme d’Or du cinéaste roumain Cristian Mungiu, après « 4 mois, 3 semaines, 2 jours » en 2007, « Fjord », bouscule la doxa actuelle en vigueur.
Est-ce un conte, une fable, une parabole ?
Non, plutôt un cas d’espèce, inspiré de faits réels, soigneusement écrit et mis en scène, sans parti pris ni leçon de morale ostentatoire, et livré à la seule appréciation du spectateur.
Comment au jeu des sept familles proposé ici, la famille Traditionaliste, venue s’installer au fin fond d’un fjord norvégien et vivant pieusement selon les préceptes de la Bible, en toute discrétion et sans prosélytisme toutefois, va t-elle se retrouver en butte avec les diverses familles Progressistes locales ?
Dans ce huis-clos villageois, mais néanmoins universaliste, où sont convoqués tour à tour ou conjointement les grand-parents, parents et enfants, de ceux qui croient au ciel et ceux qui n’y croient pas, il peut arriver que l’application des grands principes démocratiques et laïcs en matière d’éducation, de protection de l’enfance et de la vieillesse, de respect des convictions politiques ou religieuses de chacun puissent aboutir à des situations en totales contradictions avec leurs intentions premières.
Sans remettre en cause leur légitimité, Cristian Mungiu nous montre que leur application à la lettre plus qu’en esprit peut-être elle-même source d’injustice.
L’intolérance ne se trouvant pas toujours du côté que l’on croit.
Que ceux qui n’ont pas pensé à la projection du film à une famille musulmane en place de la famille évangéliste du film lèvent le doigt !
Oui, un film particulièrement dérangeant, qui heurte de plein fouet nos convictions toutes faites et parfois lénifiantes sur le bien fondé de nos sociétés occidentales, et honore les membres du jury du Festival de Cannes 2026, qui l’on distingué.
https://www.youtube.com/watch?v=R7d9fl035hE






