
La baie de Cannes et ses deux ports.
Le Nouveau Port de Cannes
Je me souviens, qu’au mitan des années 1960, Cannes fut traversé par des cohortes de camions verts charriant d’impressionnants blocs de pierres.
Dévalant en lignes droites depuis la bretelle de l’autoroute jusqu’au chantier du futur port Canto, via le boulevard Carnot et le boulevard de la Croisette, ces convois de la société niçoise Spada remplissaient de terreur les parents, qui s’empressaient, à leur passage, de rassembler leurs petits enfants.
Une invasion qui dura près de deux ans.
L’ambitieux projet de création d’un port de plaisance, sur le terrain d’une superficie de 10 000 m2 à proximité du tout nouveau casino d’été du Palm-Beach avait pourtant débuté en 1929.
Un apport de terre permis alors de gagner 19 000 m2 sur la mer.
Faute de capitaux suffisants, les travaux furent interrompus en 1934 et les structures du chantier laissées à l’abandon.
Sur les terrains désaffectés furent néanmoins aménagés les espaces verts du jardin Albert 1er.
À partir de 1955, l’urgence de la création d’un port de plaisance de prestige se fit à nouveau ressentir.
Le Vieux Port ne permettant plus de répondre à la demande.
Mais le conseil municipal de l’époque souhaitait que celle-ci ne soit pas à la charge de la collectivité.
En 1958, Pierre Canto, administrateur local de sociétés, proposa un nouveau projet, plus ambitieux que le précédent.
Bernard Cornut-Gentille, maire de Cannes, et le conseil municipal donnèrent un avis favorable en septembre 1963.
L’État, représenté par son ministre, Marc Jacquet, accorda une concession de 50 ans à la société de Pierre Canto, l'International Sporting Yachting Club de la Mer (I.S.Y.C.M), par un arrêté du 13 mars 1964.
Dès lors, les travaux purent commencer.
Le coût de l'opération, d'un montant de huit millions de francs, fut totalement financé par l’entrepreneur.
Premier port privé d'Europe à sa construction, et second port de Cannes, il fut inauguré après dix-huit mois de travaux, le 19 juillet 1965 et baptisé officiellement « Port Pierre-Canto » en septembre 1966.
Je me souviens que lycéen, dès les beaux jours, j’allais me baigner et me faire bronzer sur les rochers plats du port Canto.
Là, en pleine mer, étendu sur une serviette, face aux îles de Lérins et tournant résolument le dos aux yachts, je lisais durant des heures, la série des Chemins de la liberté de Jean-Paul Sartre ou L’Étranger d’Albert Camus…
Précisons encore que la gestion du port Canto a été transférée à la ville en 2002.

Le port Canto et ses roches plates.
Un camion Spada en action.






