
Légende 1 : En 1956, le plus jeune et le plus discret des mousquetaires de la Nouvelle Vague, Louis Malle, prit tout le monde de court en emportant à Cannes, à 23 ans, la Palme d’Or pour Le Monde du silence. Un prix partagé il est vrai avec le Commandant Cousteau. Qui plus est, pour un documentaire, qui recevra l’année suivante, un Oscar aux États-Unis. Inspiré d’un livre éponyme de 1953, l’originalité de ce film, d’une durée d’une heure et vingt-six minutes, est due principalement à ses plans d’explorations sous-marines en couleur. Cette année-là, citons parmi les autres films en compétition : Le Mystère Picasso de Henri-Georges Clouzot, Sourires d'une nuit d'été d'Ingmar Bergman, L'Homme qui en savait trop d'Alfred Hitchcock, Vivre dans la peur d'Akira Kurosawa ou encore La Complainte du sentier de Satyajit Ray.

Légende 2 : Deux ans plus tard, Louis Malle revint en compétition officielle au Festival de Cannes avec Ascenseur pour l’échafaud. Un superbe thriller, considéré comme l'un des premiers longs métrages de la Nouvelle Vague, où la trompette de Miles Davis sert d’écrin à la beauté de la divine Jeanne Moreau (le couple au côté de Giani Esposito, sur la photo). Une entrée en beauté dans la trentaine de films de fictions et documentaires, tournés tout au long de sa vie. Nous laissant une filmographie éclectique, originale et souvent dérangeante : Zazie dans le métro (1960), Vie privée (1962), Le Feu follet (1963), Viva Maria ! (1965), Le Souffle au cœur (1971), Lacombe Lucien (1974) La Petite (1978), Au revoir les enfants (1987)…

Légende 3 : En 1993, déjà atteint par la maladie qui devait l’emporter deux ans plus tard, Louis Malle vint faire ses adieux à la ville, accompagné de sa seconde épouse, Candice Bergen, en qualité de Président du Jury de la 46ème édition du Festival de Cannes. L’année où la Palme d’Or fut attribuée pour la première fois à une femme, Jane Campion, pour La Leçon de piano.








