
« Les Dimanches » de Alauda Ruíz de Azúa, avec Blanca Soroa, Patricia López Arnaiz et Juan Minujin.
Primé de la Coquille d'Or au dernier festival international du film de Saint-Sébastien, ce troisième long-métrage de la cinéaste basque quarantenaire Alauda Ruiz de Azua, qui s’est fait par ailleurs remarquer pour sa série « Querer », s’inscrit désormais en bonne place dans la veine des films religieux chrétiens.
Tels ceux directement adaptés des romans de Georges Bernanos : « Journal d'un curé de campagne » de Robert Bresson (1951), « Le Dialogue des carmélites » de Philippe Agostini et Raymond Léopold Bruckberger (1960), « Sous le soleil de Satan » de Maurice Pialat (1986) ou encore « La Religieuse » de Denis Diderot par Jacques Rivette (1966) et « Théorema » de Pier Paolo Pasolini (1968).
« Les Dimanches » du latin dies Dominicus, jour du seigneur, nous conte la découverte par Ainara, 17 ans, de sa vocation religieuse.
Jeune fille d’apparence moderne, comme toutes ses amies pensionnaires de l’établissement scolaire privés où elle achève ses études secondaires, et les garçons de la chorale qu’elle retrouve durant les week-ends, et avec lesquels elle partage les mêmes loisirs et discutions adolescentes, Ainara, pressée par sa famille de choisir les études qu’elle veut entreprendre à l’université, va devoir leur révéler son voeu le plus secret : retourner au couvent pour une période probatoire afin de savoir, aidée par soeur Isabel, la mère supérieure, et son confesseur, si elle est vraiment appelée à devenir nonne.
Une révélation qui va semer le trouble au sein de sa propre famille, qui a pour habitude de se réunir dans le grand appartement de la grand-mère afin de partager le repas dominical.
Ancrée dans l’Espagne post franquiste, balayée par les vents nouveaux de la movida, les membres de cette famille, libérale et progressiste, vont réagir chacun à sa manière.
La grand-mère, pour sa part, se désole surtout de la perspective d’être privée de la présence de sa petite-fille, lorsqu’elle sera cloîtrée.
Son père, veuf, élevant ses trois filles, pourvu d’une nouvelle compagne et lourdement endetté par les travaux de rénovation de son restaurant, semble surtout soucieux du bonheur de sa fille aînée, mais rassuré aussi de ne plus l’avoir à charge.
Quant à sa tante, qui sert à Ainara de mère de substitution, manager culturelle, qui se dit non croyante mais respectueuse de la foi des autres, surtout quand ce n’est pas dans sa propre famille, se montre la plus effrayée par la décision de sa nièce, et la plus combative pour la faire changer d’avis.
Grâce à ses dialogues finement écrits, ses cadrages soignés des visages des protagonistes et l’interprétation sensible des acteurs, la narration de Alauda Ruíz de Azúa, tout en nuance et sans parti pris affiché, nous conte toutefois une histoire de foi et d’amour, où la raison et la tolérance ne se trouvent pas toujours du côté que l’on pensait.
https://www.youtube.com/watch?v=JTU224MnTUM







