Heureux comme un Prosper à Cannes



   

   Dès 1834, tout juste nommé inspecteur général des monuments historiques par Louis-Philippe, l’écrivain Prosper Mérimée (1803-1870) entreprit une tournée qui le mena jusqu’à Cannes où il dressa un rapport détaillé sur l’état des îles de Lérins, sans plus s’attarder sur la ville, qui jouera pourtant un rôle important à la fin de sa vie.

   De 1834 à 1853, Mérimée, sillonnera les routes de France, la Corse y compris, en voiture à cheval ou à dos de mulet : six mois de tournée chaque année avant les grands froids de l’hiver. 

   Il faut dire qu’il y avait urgence !

   Après la grande redistribution des terres et des biens à la Révolution, le patrimoine national menaçait de disparaître et de nombreux dégâts avaient déjà été commis.

   Entre 1856 et 1870, l’auteur de Colomba (1840) ou Carmen (1845), ami intime de la mère de l’impératrice Eugénie, fera des séjours de plus en plus prolongés à Cannes où il mourra et fut enterré.

   Sa correspondance est une véritable chronique de Cannes sous le second Empire.

   Après l’hiver 1856-1857, où il résida à l’hôtel de la Poste, Prosper Mérimée loua, en décembre 1858, un appartement de six pièces au premier étage de la maison Sicard, 6, rue Bivouac-Napoléon (aujourd'hui 3, square Mérimée).

   Il y habita jusqu’à sa mort, en 1870.

   Devenu sénateur de l’Empire et académicien, l’écrivain, malade des poumons, y fit des séjours de plus en plus prolongés : de trois mois d’hiver, au début, jusqu’à sept mois, les dernières années.

   Là, il aura pour voisins ses amis Alexis de Toqueville et l’académicien Victor Cousin, morts eux aussi à Cannes, respectivement en 1859 et 1867.

   




Dans une lettre adressée à la comtesse de Montijo, mère de l'impératrice Eugénie, datée du 27 décembre 1856, Mérimée écrit : "Cannes est un petit paradis. Les gens de ce pays-ci vivent de fleurs".




  Prosper Mérimée n’hésitait pas à se rendre à pied à Golfe-Juan, pour visiter sa consœur Juliette Adam.

  Il passait ses journées à se promener, à peindre des paysages, à herboriser et s’adonnait aussi aux joies du tir à l’arc contre des pommes de pin.

  Tout en répondant à ses obligations littéraires et mondaines.

  Il faisait l’objet de soins attentifs de la part de deux soeurs anglaises, ses governess, dont l’une, Fanny Lagden, fut probablement plus qu’une simple amie : elle sera son héritière et le rejoindra, quelques années plus tard, dans sa tombe cannoise, ainsi que sa soeur.

  Vantant inlassablement les mérites de Cannes et y appelant ses nombreuses relations, Mérimée jouera auprès de la bonne société française le rôle tenu par Lord Brougham auprès de la gentry.

  Il prétendait même être le premier « découvreur » de Cannes, juste avant l’aristocrate anglais.








   Souffrant d'asthme, Prosper Mérimée meurt le 23 septembre 1870 vers 23 heures. 

   Il est inhumé au Cimetière du Grand Jas, qui a été inauguré en mars 1866. 

   La sépulture de Prosper Mérimée se trouve dans le carré protestant (6e allée, n° 87).

   Le médaillon en bronze est l’oeuvre de son ami le sculpteur Alexandre Munro.





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