« Chien de la casse » de Jean-Baptiste Durand, avec Anthony Bajon, Raphaël Quenard, Galatea Bellugi et le chien Malabar.


   Critique dithyrambique et bouche à oreille qui visiblement fonctionne bien car la salle du Forum des Halles était pleine à craquer, hier après-midi, quand je suis allé voir ce premier long métrage de Jean-Baptiste Durand.

   Je m’attendais donc à une révélation et ça a été plutôt une déception.

   La cause en est peut-être qu’il s’agit là d’un film générationnel pour lequel j’ai dépassé tous les délais de péremption ?

   J’ai même trouvé, au départ, que le jeu des deux protagonistes du film sonnait un peu faux dans cette histoire d’amour-amitié contrariée entre Dog (Anthony Bajon) et Mirales (Raphaël Quenard), deux amis d’enfance, vivant dans un charmant village du Languedoc, du côté de la Camargue.

   Deux vitelloni dont le premier, à la personnalité pâlotte souffre de l’ascendant du second, plus déluré et cultivé.

   Jusqu’à l’arrivée en vacances d’une fille dans le village (Galatea Bellugi, telle que elle-même), qui offrira l’occasion à Dog de s’émanciper de son pesant compagnon Mirales, dont on subodore la probable homosexualité.

   D’où la relation sadomasochiste entre ce dernier et son « chien de la casse » (expression argotique signifiant souffre douleur) Dog, parfaitement hétéro, lui.

   Un gentil scénario, bien filmé, interprété par des acteurs ne manquant pas d’enthousiasme, dans de beaux paysages du Sud de la France, où j’ai surtout distingué l’interprétation de Raphaël Quenard, dont le personnage est moins monolithique que celui incarné par Anthony Bajon.

   Sans oublier d’attribuer une mention spéciale au chien Malabar, qui se révèlera en fin de compte être la véritable victime du film !

https://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19600431&cfilm=279636.html



par Jacky Barozzi 12 juin 2026
En attendant la sortie du soir, Vita ronge son os au fond de la salle de bain. Vita et les filles de joie À cause de (ou grâce à) Vita, Chedly et moi entretenons des relations courtoises avec les deux travailleuses du sexe, qui officient quotidiennement dans notre quartier à la nuit tombée. Elles se tiennent habituellement dernière notre groupe d’immeubles en lisière du cimetière Sud de Saint-Mandé. Un endroit discret à souhait du XIIe arr., entre le périphérique et le bois de Vincennes. Chaque fois qu’elle les croise, au cours de la dernière promenade hygiénique du soir, Vita se jette sur elles, leur fait la fête et exige sa part de caresses en retour. Ce qu’elles font bien volontiers. Il y a d’abord Claudia, une créature improbable dont je ne saurais dire avec précision l’âge exact et à quel sexe elle appartient. Une marocaine à la voix rauque, une perruque posée de travers sur le crâne, en jupe courte noire en latex et bas résille filés. Je ne l'ai jamais vue sans une canette de bière à la main. Les yeux et les pommettes outrageusement fardés, masquant parfois de gros hématomes. Quand elle aperçoit Vita, elle se précipite vers elle, s’exclamant d’une voix pâteuse : « Ah, Vita, tu me reconnais ! Toi tu m’aimes ! Oui, t’es belle, ma fifille ! Moi aussi, je t’aime ! » Avec elle, la conversation, ou plutôt le monologue car je ne lui pose pas de questions, se réduit à quelques banalités sur le thème de la fidélité des chiens, meilleurs amis des hommes, etc. Et puis il y a Olga, une jeune femme d’allure plus sobre et d’un caractère plus déterminé, avec laquelle, malgré son mauvais français, nous pouvons échanger quelques mots. C’est ainsi que j’ai appris qu’elle est Bulgare, pays où elle a laissé sa fille d’une dizaine d’années en garde à sa mère, pour venir travailler à Paris, et qu’elle réside du côté de Pantin. Par quel réseau est-elle arrivée jusqu’ici ? J’ai cru remarquer qu’un jeune type, fumant une cigarette, nous observait parfois dans l’ombre, de loin, durant nos échanges. Elle c’est une gagneuse, sérieuse et toujours fidèle au poste, alors que Claudia disparait souvent durant plusieurs jours. Vita lui sautille aussitôt sur les jambes, lui lèche longuement les mains tandis qu’elle la caresse en lui disant : « Oui, tou é sage Vita, oui tou é belle ! » Mais quand elle la voit farfouiller dans le caniveau, elle n’hésite pas à la gronder : « Non, pas manger ça, Vita, ça sale, toi après malade ! » Et à ma grande surprise, je constate que Vita ne se le fait pas redire deux fois. Comme quoi on peut-être p... mais respectée !
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