
Pierre Lescure
Tout gamin, grâce à mes parents communistes, j’ai dévoré dans L’Humanité, qui tirait à 600 000 exemplaires, les chroniques cannoises de Samuel Lachize. Étudiant, les commentaires cinématographiques de Jean de Baroncelli, alors maître du Monde, m’ouvraient des univers entiers. Déjà perverti par le glamour, je dévorais les « Potins » de Jean Talky, dans Cinémonde, comme les photos de Sam Lévin. La voix et l’œil de François Chalais me racontaient les stars et leurs premières « vérités » télé. Comme des centaines de milliers de filles et de garçons, d’hommes et de femmes, je savais qu’ils seraient mes ambassadeurs confidents lors du prochain Festival de Cannes. For ever.
À l’année 1979, vous verrez, Lorenzo Codelli raconte surtout le roman fantastique d’Apocalypse Now. Moi, c’était mon premier Cannes pour Europe 1. Deux heures d’émission tous les soirs, avec Jean-Claude Brialy et Eddy Mitchell. Dans la villa que la station avait louée sur les hauteurs de la ville, nous cachions Isabelle Adjani et André Téchiné, tétanisés avant la présentation des Sœurs Brontë, un tournage qu’on disait avoir été tourmenté.
Préface de l’ouvrage collectif Ces années-là.
Photos : En 1983, Isabelle Adjani est revenue présenter « L’Été meurtrier » au Festival de Cannes. Ayant refusé de se rendre au traditionnel photocall, les photographes décidèrent de la boycotter lors de sa montée des marches.







