
« Minotaure » de Andreï Zviaguintsev, avec Dmitri Mazourov, Iris Lebedeva, et Boris Koudrine.
On ne peut pas dire que ce soit le meilleur film du réalisateur de « Léviathan »(2014) et de « Faute d'amour » (2017), ni le plus original, puisque il s’agit d’un remake de « La Femme infidèle » (1969), de Claude Chabrol.
Mais cela reste néanmoins une oeuvre fascinante, où l’on retrouve la patte narrative singulière de Andreï Zviaguintsev, récompensé du Grand Prix du Jury au dernier festival de Cannes.
Le drame conjugal sur fond de dénonciation de la bourgeoisie française des Trente Glorieuses est transposé ici dans un coin de Russie reconstituée, à l’aube du conflit avec l’Ukraine, dans une famille
représentative d’oligarques d’aujourd’hui.
Un sujet pas forcément exaltants, puisque le bonheur de quelques privilégiés se paye ici du malheur de tant d’autres : l’amant opportun où les chômeurs engagés à la dernière minute pour remplir le quota d’employés devant partir à la guerre.
Le père de famille de notre histoire, tel le héros de légende, parviendra à sortir sa famille du labyrinthe poutinien, grâce son sens inné de l’adaptation au réel, son savoir-faire de chef d’entreprise et son réseau bien entretenu de bonnes relations.
Un égoïste rusé, qui parviendra ainsi à retrouver l’amour de son épouse et l’estime de son fils.
Pas très moral, cet Ulysse orthodoxe, dans un monde chaotique où la religion ne fait déjà plus que de la figuration !
Mais on peut aussi se demander par quel opportunisme politique le film du cinéaste russe, exilé en France depuis plusieurs années, a-t-il été choisi pour représenter notre pays aux Oscars ?
https://www.youtube.com/watch?v=Nh5CxJUiMIQ






