Place Royale, 1612. Musée Carnavalet, Paris, anonyme.



SQUARE LOUIS-XIII (1682)

4° arr., place des Vosges, M° Bastille, Chemin-Vert ou Saint-Paul-Le Marais


   A cet emplacement se trouvait le parc de l’hôtel des Tournelles, bâti au milieu du XIV° siècle et acquis au début du XV° par Charles VI qui en fit la résidence parisienne des rois.    Après la mort accidentelle d’Henri II en 1559, qui provoqua le départ de Catherine de Médicis pour le Louvre et sa décision de faire bâtir le palais des Tuileries, l’hôtel royal des Tournelles fut démoli en 1563. Le terrain, laissé à l’abandon et devenu le lieu de rendez-vous des duellistes, vit s’installer à partir de 1585 un important marché aux chevaux. Henri IV, qui s’attachait à moderniser et embellir la capitale où il avait fait son entrée en 1594, décida en 1604 d’y construire une place publique, dont le côté nord serait occupé par la manufacture de soie qu’il voulait créer pour concurrencer celle de Milan, et les trois autres côtés seraient destinés au logement des marchands et ouvriers du drap.

   Par lettres patentes de 1605, le roi fixait les modalités de construction des pavillons, comportant à l’identique deux étages en brique et pierre sur arcades formant une galerie pour la promenade et l’installation de commerces. Ces pavillons étaient donnés en concession à des particuliers, le roi se réservant néanmoins l’aile sud, qu’il n’habitera jamais. La manufacture royale, qui occupait le côté nord, ne rencontra pas le succès escompté et périclita rapidement. Aussi fut-elle démolie dès 1607 et des pavillons identiques à ceux des trois autres côtés élevés à sa place en 1609.

   On ne connaît pas avec certitude le nom de l’architecte de cette place, la première de Paris, peut-être Claude Chastillon, qui en a laissé une gravure. Le rythme des trente-six pavillons est seulement rompu par les pavillons dits du Roi au sud et de la Reine au nord, légèrement plus élevés.

   





   La place Royale fut inaugurée par le grand carrousel donné en 1612, deux ans après la mort d’Henri IV, à l’occasion du double projet de mariage de Louis XIII avec Anne d’Autriche et de sa sœur, la princesse Elisabeth, avec l’infant d’Espagne, futur Philippe IV.

   Habitée dès cette époque par la haute aristocratie, la place Royale sera ensuite quelque peu délaissée lorsque la Cour suivra Louis XIV à Versailles ; y resteront fidèles, cependant, la noblesse de robe et la haute finance.

   La place Royale était alors en réalité un vaste espace sablé, entouré d’une barrière de bois. En 1639, le cardinal de Richelieu y fait ériger une statue équestre de Louis XIII : le cheval, en bronze, avait été commandé dès 1559 à l’italien Daniel de Volterra par Catherine de Médicis, qui voulait dédier un monument à son défunt mari Henri II ; le cavalier fut confié par Richelieu au sculpteur Pierre Biard.

   En 1682, les riverains obtiennent de Louis XIV l’autorisation de remplacer, à leurs frais, la vieille barrière de bois par une grille en fer forgé. Dans le même temps, la municipalité aménageait, à l’intérieur de ces grilles, un jardin à la française composé de pelouses traversées par des allées se coupant à angle droit selon les lignes médianes et diagonales du carré.

   Si l’année 1682 marque la naissance du jardin, les premiers arbres, deux rangées de tilleuls, ne seront plantés qu’en 1783 à la demande des riverains.

   




   A la Révolution, la place devient un champ de manœuvre ; gravier et sable remplacent le gazon tandis que la statue en bronze de Louis XIII est envoyée à la fonte en 1792.

   Place des Fédérés en 1792, de l’Indivisibilité en 1793, l’ancienne place Royale devient place des Vosges en 1800, pour récompenser ce département qui fut alors le premier à s’acquitter de ses impôts.

   Une fontaine, par Girard, est installée en 1811 au centre du jardin, à l’emplacement qu’occupait l’effigie de Louis XIII. Cette fontaine disparut à son tour en 1829 lorsque la monarchie, de retour au pouvoir, la remplaça par une nouvelle statue équestre de Louis XIII, en marbre, par Louis Dupaty et Jean-Pierre Cortot.



Louis XIII, le retour.



   Entre-temps, en 1825, quatre fontaines, par Ménager, avaient pris place au centre de chacune des pelouses carrées composant le jardin.

   Quant à la grille d’époque Louis XIV, très abîmée, elle fut enlevée en 1835 et une nouvelle grille prit sa place en 1839.

   Les tilleuls furent remplacés en 1870 par une double rangée d’ormes, lesquels, malades, disparurent à leur tour en 1976 au profit des trois rangées de tilleuls qui ornent aujourd’hui le square, baptisé square Louis-XIII cette année-là.






   Pour avoir une vue d’ensemble sur la place et ses hôtels, qui accueillirent nombre d’illustres personnages, il suffit d’aller visiter le discret musée Victor-Hugo, installé au n° 6, dans la maison où il vécut de 1832 à 1848.

https://www.lelezarddeparis.fr/histoire-des-jardins-de-paris-1


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Bonjour tristesse à l’Hôtel de Ville ! A l’occasion du dixième anniversaire des attentats du 13 novembre 2015, un jardin en hommage à la mémoire des victimes vient d’être inauguré sur la place Saint-Gervais (4e arr.), au proche voisinage de l’Hôtel de Ville. Là, où s’élève devant la haute façade de l’église Saint-Gervais-Saint-Protais, un orme centenaire, présent et sans cesse renouvelé depuis le Moyen Âge, marquant symboliquement l’emplacement où la justice était jadis rendue. Ce nouveau jardin de 3 500 m2, plus minéral que végétal, s’organise autour de six grands blocs de granit bleu, symbolisant chacun les lieux des attentats : le Stade de France, Le Carillon / Le Petit Cambodge, La Bonne Bière / Le Casa Nostra, La Belle Équipe, Le Comptoir Voltaire et le Bataclan. Sur chaque bloc, sont gravées les noms des 132 victimes. Sans remettre en cause l’idée de trouver un site unique afin de rendre un hommage collectif à ces victimes, dont le nom figure déjà sur des plaques apposées devant chacun des lieux où les attentats se sont déroulés, on peut s’interroger sur l’opportunité de sanctuariser ainsi un espace géographique au coeur même de la capitale. Un enclos spécifique au cimetière du Père-Lachaise n’aurait-il pas mieux convenu ? Et pourquoi les seules victimes de cet attentat en particulier et non pas les nombreuses autres victimes d’attentats, des guerres civiles ou des divers combats de libération, qui ont ensanglanté l’histoire de la capitale ? A ce train-là, Paris tout entier ne serait plus qu’un vaste cimetière sous la lune !