
Mon grand-père paternel
Mon grand-père Erminio Barozzi est né le 1er juillet 1864, à Monfestino, une ville des environs de Modène.
C’est imprimé en toutes lettres dans son acte de décès, établi par la mairie de Cannes, où il est mort le 29 avril 1942, à l’hôpital Saint-Dizier, qui m’a vu naître dix ans plus tard.
Il avait alors 78 ans et la zone Sud de la France était alors occupée par l’Italie.
Le document mentionne la profession de jardinier et indique qu’il était le fils de Joseph Barozzi et de Joséphine Venturelli.
Il précise aussi qu’il était l’époux de Julia Bertachini (sic), toujours vivante (elle est morte en 1950, à l’âge de 83 ans).
Mais c’est sa fille, Henriette, qui a fait la déclaration de décès.
C'est d’ailleurs à son adresse du Suquet qu’officiellement demeurait son père.
De fait, je savais que mes grands-parents étaient séparés, mais je croyais que mon grand-père était mort quelque part de l’autre côté de la frontière italienne.
Ma cousine Marie-Jeanne, fille d'Henriette, m’a appris que sa mère avait été le récupérer à la gare de Vintimille et l’avait ramené chez eux, où il passa ses dernières années.
Au grand dam de Julia Bertagnini, son épouse, qui se fâcha avec sa fille Henriette, lui reprochant d’avoir réintroduit : « Judas ! »
Que lui reprochait-elle ?
L’avait-il abandonnée ? Plutôt fuie ?
Car elle était du genre coriace, d’après ce que l’on m’en a dit !
Il l’a peut-être quittée sur un coup de tête, se réfugiant en Italie, mais il est revenu mourir près d’elle, et de leur maison de Rocheville.
Néanmoins, ma grand-mère ne réclama pas son corps.
Aujourd’hui, il n’y a plus la moindre trace de lui, à part un portrait photographique, pris quelque temps avant sa mort, désormais en ma possession.

Colorisation due à l'IA.






