
Légende 1 : Sophia Loren venue présenter L'Or de Naples de Vittorio De Sica, en ouverture du Festival de Cannes en 1955.
Légende 2 : « Brusquement, toute la ville s'est mise à parler italien. Ou plus exactement, brusquement, on n'a plus entendu parler que l'italien, la voix de ceux qui ne connaissent pas la langue de Dante et de Toto, étant étouffée, submergée, supprimée par les chantants accents de Naples, de Milan ou de Rome. Quand l'Italie décide de faire quelque chose, elle le fait bien. Cannes a été purement et simplement annexée en vingt-quatre heures. L'hôtel Martinez, quartier général de leur tête de pont, partent ordres et contre-ordres, ce qui, chez les Italiens, est d'ailleurs la même chose. Les ascenseurs ne fonctionnent plus qu'à leur commandement et grincent seulement avec l'accent napolitain. Le spaghetti se portera cette année vert, blanc, rouge et en bandoulière comme le grand cordon de la Légion d'honneur. Mais à ce drapeau splendide et envahissant, il fallait une forte poigne pour le brandir. L'Italie n'a pas eu à s'inquiéter bien longtemps dans sa recherche d'un tambour majeur à la hauteur. Celui-ci a un mètre soixante dix, des yeux qui finiront bien, à force d'entraînement, par rejoindre le commencement des oreilles, un port de monarque dont le Parlement viendrait de voter le pouvoir absolu, celui-ci d'ailleurs est un terme impropre, le porte-drapeau de l'Italie est en effet une femme, il n'y a même aucun doute là-dessus puisqu'il s'agit de Sophia Loren. Sa venue à Cannes a fait exactement l'impression d'un cyclone dévastateur. Il lui a suffit de paraître, de marcher. » (François Chalais)








