
Le premier long-métrage de fiction de Malek Bensmaïl, L’Arabe, adapté du roman Meursault, contre-enquête, de Kamel Daoud, vient d’être déprogrammé, « faute de visa », par le ministère de la Culture algérien, alors qu’il devait être projeté durant le Festival du film méditerranéen d’Annaba, organisé du 24 au 30 avril 2026.
Réaction du cinéaste : « Alors que mon film The Arab produit avec l'argent public de mon pays, circule librement et est accueilli avec respect dans de nombreux festivals et salles à travers le monde (Pays-Bas, Russie, Etats- Unis, Australie, Belgique, Croatie, Italie...), sa première algérienne, annoncée dans le cadre de l'Annaba Mediterranean Film Festival, vient d'être annulée, sans la moindre explication claire ni transparente. Comment accepter qu'un film qui réunit l'actrice palestinienne Hiam Abbas, Ahmed Benaïssa dans sa dernière apparition à l'écran, ainsi que Nabil Asli et Dali Benssalah, Brahim Derris...se retrouve déprogrammé pour une sombre histoire de visa d'exploitation non attribué ? Cette situation est profondément tragique. Plus de soixante ans après l'indépendance, il est douloureux de constater que nous restons pris au piège d'une censure administrative opaque et infantilisante, qui nie à la fois le travail de ceux qui fabriquent les films en Algérie et le droit du public algérien à voir ses propres œuvres et à les critiquer. On ne peut pas, au nom de la « relance » du cinéma algérien, multiplier les discours, les festivals et les commissions, et, dans le même temps, étouffer des films pour des raisons jamais assumées publiquement. Il est temps que cette schizophrénie cesse. Un pays qui prétend défendre sa création ne peut pas continuer à la maintenir dans le silence, l'arbitraire et l'humiliation. Derrière chaque visa refusé, il n'y a pas seulement un film empêché, il y a des années de travail, d'espoir et de confiance trahis - et un public que l'on prive encore une fois de son cinéma. »







