
Jeunes sportives des Années folles sur la plage du Martinez.
Cannes estival
Après la Grande Guerre, on assiste à un timide début de la saison d’été.
Désormais les teints de porcelaine sont passés de mode et la Belle Époque est terminée.
Avec les Années folles, on assiste à l’arrivée en force à Cannes des touristes et résidents Américains.
Dès 1924, Frank Jay Gould, riche héritier des chemins de fer américains, et son épouse Florence mirent en vogue la toute nouvelle station balnéaire de Juan-les-Pins.
Ce couple, très fitzgéraldien, établit sa résidence à la villa Sémiramis, dans le quartier de la Californie, attirant sur la Côte d’Azur bon nombre de leurs compatriotes.

Maison dite Château Saint-Roch, puis Villa Sémiramis. Construite vers 1880, probablement par l'architecte cannois Laurent Vianay pour Emile Martin, la maison a appartenu à Florence et Frank Jay Gould de 1924 à 1951. Elle a été détruite en 1962 et remplacée par l’ensemble immobilier éponyme.
Á Cannes, la saison estivale fut officiellement lancée en 1929.
Á l’emplacement d’anciennes villas de la Croisette de nouveaux palaces vinrent s’adjoindre à l’Hôtel Gonnet et de la Reine, au Gray d’Albion, au Grand Hôtel et au Carlton, plus anciens : le Majestic (1924), le Martinez et le Miramar (1927).
Tandis que le casino d’été du Palm-Beach fut inauguré, lui, en 1929.

L’Hôtel Miramar, édifié En 1927 par les architectes Charles et Marcel Dalmas, associés à l'architecte François Arluc, à l'emplacement de la villa des Bambous. L'hôtel fut divisé en appartements et transformé en résidence vers 1955 par l'architecte cannois Eugène Lizero.
Autre époque, autre style.
Avec Tendre est la nuit de F. Scott Fitzgerald, on retrouvre l’est de la ville, entre Cannes et Juan-les-Pins.
Tandis qu’avec Ernest Hemingway, venu séjourner à Cannes sur les pas de son ami Fitzgerald, on découvre l’extrémité ouest du Cannes de ces années-là.
Du côté du château de la Napoule, l’ancienne forteresse médiévale du XIVe siècle, qui avait été rachetée en 1918, à l'état de ruines, par un couple d’artistes américains, Henry et Marie Clews.
Sculpteur et fils d’un riche banquier new-yorkais, Henry Clews et son épouse restaurèrent le château de fond en comble et redessinérent les jardins.
Sous leur houlette, le site devient rapidement un haut lieu des grandes fêtes de la Côte d’Azur des Années folles.
Une atmosphère que l’on retrouve dans Le jardin d’Eden d’Ernest Hemingway.
Roman, en grande partie autobiographique, où les héros, David et Catherine, jeunes mariés, se sont installés, au début de l’été dans une auberge désertée par les hivernants, nichée dans les pinèdes de La Napoule.
Les protagonistes y boivent sec et pratiquent le naturisme dans les criques sauvages de l’Esterel.
Une existence plus en phase avec la nature, qui n’empêche pas les femmes de conduire des décapotables rapides et de suivre les dernières tendances de la mode.
C’est ainsi que Catherine, roule en Bugatti et va se faire couper les cheveux à la garçonne, chez un coiffeur cannois.
Elle arbore aussi les premiers pantalons pyjamas, qui commencent à faire fureur sur la Côte d’Azur.

La première boutique Chanel, sur la Croisette.
Dans le même temps, Coco Chanel créa à Grasse, en 1921, son célèbre parfum, le n°5, dont le flacon devint aussitôt une icône des Années folles.
En 1923, débarquant à Cannes fraîchement bronzée du Flying Cloud, le yacht de son amant le duc de Westminster, elle ouvrit une boutique sur la Croisette.
Là, elle proposera alors à sa clientèle un style balnéaire particulièrement décontracté mais non moins élégant.

Coco Chanel, en 1923.







