Connaissez-vous, au voisinage du bois de Vincennes, l’hôpital Esquirol de Saint-Maurice ?

Un haut-lieu de vie et de mémoire, qui vaut le détour !



   Durant douze siècles, Saint-Maurice se dénomma Charenton-Saint-Maurice, jusqu’à ce qu’une ordonnance royale de Louis Philippe, du 25 décembre 1842, lui permit de n’en conserver que sa seule appellation dernière. Officiellement, pour la distinguer de la commune voisine, qui prit le nom de Charenton-le-Pont en 1810. En réalité, c’est parce que les habitants, du fait de la trop grande renommée de l’asile de Charenton, et trouvant qu’ils avaient de plus en plus de mal à marier leurs filles, voulurent, à défaut de se débarrasser de l’asile, en effacer le nom. 

   Voilà pourquoi l’ancien asile de Charenton, devenu l’hôpital Esquirol, ne se trouve pas sur la commune de Charenton, mais sur celle de Saint-Maurice. 






   C’est sur le site de l’asile de Charenton, qu’en 1645, les Frères de la Charité ouvrirent une maison de santé destinée à accueillir les aliénés et les « polissons ». 

   C’est dans cet établissement que le marquis de Sade, qui était enfermé à la Bastille, fut transféré une première fois, peu de jour avant la Révolution. Libéré par la suite, il y fut ramené de force et y passa les dernières années de sa vie. 

   En 1838, les anciens bâtiments laissèrent la place à l’établissement actuel, de style néo-classique, dû à l’architecte Emile Gilbert, et plus conforme aux principes hygiénistes et médicaux du docteur Esquirol, qui en assurait alors la charge. 

   C’est là que fut interné, entre autres, Eugène, le frère de Victor Hugo. 



Au centre, la statue du docteur Esquirol.



   Une double volée d’escaliers nous conduit à la plus haute terrasse, d’où l’on jouit d’une vue inédite sur le sud-est de la capitale et les communes alentour. 

   En son centre se dresse un insolite temple grec : la chapelle de l’hôpital, due également à l’architecte Gilbert. De style dorique, avec des métopes ornées d’ostensoirs, et un intérieur de plan basilical, elle est décorée de peintures de François Dubois et Louis-Antoine-Léon Riesener, un cousin maternel d’Eugène Delacroix.



La chapelle de l'hôpital.


Texte et photos : © Jacques Barozzi


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