« Les Filles d’Olfa » de Kaouther Ben Hania, avec Hend Sabri, Olfa Hamrouni et Eya Chikahoui.


   En 2015, un fait divers avait fait la Une de l’actualité Tunisienne et fut repris par la presse du monde entier : devant les médias, Olfa Hamrouni, mère de quatre filles, avouait son désarroi et demandait de l’aide pour retrouver ses deux aînées, parties rejoindre le jihad et combattre aux côtés de Daech en Libye.

   Des années plus tard, afin de réaliser un documentaire à partir de leur histoire, Kaouther Ben Hania la contacta pour la convaincre de témoigner librement et en toute intimité face à la caméra, ainsi que ses deux filles cadettes. 

   Pour les accompagner dans cette démarche, elle leur adjoignit trois comédiennes : deux jeunes pour incarner les filles aînées disparues, et la célèbre Hend Sabri, chargée de doubler Olfa Hamrouni, dans les séquences émotionnellement les plus éprouvantes.

   L’originalité de ce documentaire de fiction ne réside pas tant dans le fait de mêler des comédiens professionnels aux personnages réels de l’histoire - cela a mainte fois été fait auparavant-, mais plutôt dans le dispositif mis en place par la réalisatrice, consistant à recréer les conditions d’un véritable psychodrame propre à revivifier la mémoire des protagonistes et, entre conscient et inconscient, à libérer leur parole.

   Malgré une certaine gêne au début du film, du fait de la starification d’Olga et ses filles, celles-ci jouent le jeu sans tricher et la force de leurs témoignages, leur authenticité, sans complaisance et sans tabou, ne peut que nous toucher et nous interroger en profondeur.

   Présenté en Compétition officielle au Festival de Cannes 2023, le film y a créé l’évènement et décroché pas moins de 4 prix : L’Oeil d’or, le Prix de la Citoyenneté, le Prix du Cinéma positif, ainsi qu’une mention du Prix François-Chalais récompensant un film voué aux valeurs du journalisme.

   Il faut dire que le résultat est proprement saisissant !

   Au-delà le l’histoire récente de la Tunisie, pendant et après le règne de Ben Ali, et du poids politique et religieux de plus en plus prégnant de l’islamisme qui s’en est suivi, le film aborde de front le problème du sort des femmes musulmanes, dans toute sa complexité.

   Pas si simple le rapport homme/femme sous d'autres cieux et d'autres dieux !

   Et à l’heure où l’on croise de plus en plus de jeunes filles voilées dans nos villes et dans nos rues, le film nous interroge également et nous aide à prendre toute la mesure d’un enjeu, qui ne saurait se réduire à un simple effet de mode…

https://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19601378&cfilm=285269.html



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Fin du week-end du Nouvel An A peine installée dans le train de retour à Paris, Vita, après une longue promenade, sous la pluie puis le soleil, sur les planches de Dauville, à l’air légèrement épuisée. Heureusement que ses deux humains, Chedly et Jacky, en reviennent, eux, regonflés d’iode et d'air marin, tout pleins d'une tonicité retrouvée... Bonne nouvelle année à tous ! 
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