« Les Ombres persanes » de Mani Haghighi, avec Taraneh Alidoosti, Navid Mohammadzadeh et Esmail Poor-Reza.


   Dans Téhéran noyé de pluie, Farzaneh, une monitrice indépendante d’auto-école, voit soudainement son mari, Jalal, supposé être en voyage d’affaires, passer dans la rue.

   Elle le suit.

   Il pénètre dans un immeuble et elle l’apercevra ensuite derrière une fenêtre en train de parler avec une autre femme.

   Une banale histoire d’adultère ?

   Non, une étrange histoire qui relève plutôt de la science fiction. 

   Farzaneh découvrira finalement que son mari et elle ont un couple de clones, prénommés Bita et Mohsen !

   Que fait-on dans ce cas se dit-elle ?

   Le scénariste, comédien et metteur en scène iranien Mani Haghighi, 54 ans, lui, en a fait un film.

   Et quel film !

   Etrange et superbe, pour lequel il a écrit un scénario parfaitement abouti et subtil, où les plans soignés et imaginatifs ajoutent à la fluidité de la narration et où les doubles rôles sont portés par deux comédiens d’une grande justesse et virtuosité.

   Etonnant film qui, une fois n’est pas coutume dans la production iranienne qu’il nous est habituellement donnée à voir sur nos écrans, n’aborde pas frontalement le pouvoir politique et religieux en place et les thématiques qui en découlent.

   A son beau-père, le père de son mari Jalal, auquel Farzaneh pose la même question « que peut-on faire ? », celui-ci lui répond que lorsque les évènements vous dépassent, mieux vaut les ignorer et essayer de reprendre en main le cours de sa propre vie.

   Celle-ci, en effet, est souffrante et suit un traitement pour avoir un enfant, alors que sa « jumelle », Bita, jouit d’une bonne santé et est mère d'un petit garçon d’une dizaine d’années.

   Quant à Jalal, il est aussi bon et gentil que son double, Mohsen, est égoïste et violent.

   Face à ce conte moderne, dans l’Iran d’aujourd’hui, le spectateur se pose bien des questions.

   Comment interpréter cette parabole sur la dualité propre à chaque être humain ?

   Pas si apolitique que cela, finalement, cette histoire d’ombres persanes.

   Et la fiction, ici, permet à chacun d’entre-nous d’y répondre en profondeur.

   Mieux peut-être que ne saurait le faire un film plus réaliste… 

https://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19601496&cfilm=306921.html






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