« Fairytale » film expérimental d’Alexandre Sokourov, avec Joseph Staline, Adolf Hitler, Benito Mussolini, Winston Churchill et Jésus-Christ en Guest star.


   En voilà un film étrange !

   Un conte de fée cauchemardesque, où l’imaginaire artistique fait appel aux artifices techniques les plus sophistiqués : la conscience humaine se combinant ici à l’intelligence artificielle. 

   Ainsi, à partir d’images d’archives animées, le cinéaste iconoclaste russe nous restitue, en chair et en os, les figures légendaires de Staline, Hitler, Mussolini et Churchill.

   Trois tyrans et un démocrate immortels, parmi les personnages les plus emblématiques de l’histoire du XXe siècle, se présentant à nos yeux sous forme de corps démultipliés et s’exprimant chacun dans leur propre langue.

   Ceux-ci dialoguent au milieu de paysages dantesques du Purgatoire, dignes des fameuses gravures de Piranèse, en attente du Jugement de Dieu.

   Tandis que s’amasse à leurs pieds, dans une rumeur assourdissante, la foule anonyme et implorante de nos pauvres frères humains. 

   Un film formellement sublime et effrayant !

   Plus proche de la poésie ricanante d’un Lautréamont que des complaintes compatissantes d’un François Villon.

   Mais dont on a cependant un peu de mal à saisir le sens.

   Tâchons de comprendre toutefois ce que ces personnages historiques et prophétiques, à travers ce film parabolique, ont à nous dire ?

   Hitler, qui ne cesse de prendre à partie ses compagnons d’infortune, leur répète inlassablement : « Vous voyez bien que le ciel est vide ! » 

   Il déplore aussi de n’avoir pas épousé la nièce de Wagner et de ne pas avoir incendié Paris.

   De même, il regrette que Staline et lui n’aient pas maintenu le pacte germano-soviétique, à la suite de quoi ils se seraient partagés la domination de la planète.

   Staline, d’un air matois, lui répond que pour sa part, il préfère attendre que le monde tout entier tombe dans son escarcelle. Tout en reprochant à Churchill d’avoir donné l’ordre de bombarder Rome.

   Entre deux coups de fil à la Reine, et promettant à tous toujours plus de sueur et de larmes, Churchill lui rappelle au passage que l’ordre venait de leur allié américain.

   Alors que Mussolini, plus lyrique que jamais, et réclamant sans cesse sa Claretta (Clara Petacci), se perd dans de longues déclaration d’amours sensuels à la grande Italie des Romains. 

   Tout cela serait parfaitement burlesque, jusqu’à ce que les portes du Paradis ne s’entre-ouvrent et qu’une voix caverneuse déclare à Churchill que lui seul peut entrer, tandis que les trois autres sont renvoyés au plus profond de l’Enfer, au prétexte qu’ils peuvent encore servir prochainement.

   Servir à quoi ? 

   Et pourquoi nos personnages sont-ils démultipliés, tels des clones ?

   Se pourrait-il que sous Staline, Alexandre Sokourov n’annonce Poutine !

   Dès lors, le spectateur, tenu jusqu’ici dans un bien heureux état hypnotique, se sent aussitôt saisi d’un désagréable sentiment d’inquiétude…




par Jacky Barozzi 26 avril 2026
Lumineuse et discrète Nathalie Baye Le 24 avril 2024, après la messe de funérailles à l’église Saint-Sulpice (6e arr.), Nathalie Baye a été inhumée en toute discrétion dans la 18e division du cimetière du Montparnasse (14e arr.). Un enterrement à son image. Organisé par sa fille Laura Smet, qu'elle a eue avec Johnny Hallyday en 1983, l’actrice a rejoint sa dernière demeure entourée seulement de ses proches. Révélée par François Truffaut dans La nuit américaine (1973), Nathalie Baye a tourné dans plus de quatre-vingts longs métrages réalisés par les plus grands cinéastes du moment. De François Truffaut à Jean-Luc Godard, de Diane Kurys à Tonie Marshall, de Claude Sautet à Marco Ferreri ou Claude Chabrol, Bertrand Blier, Xavier Beauvois, Steven Spielberg, Xavier Dolan ou encore Guillaume Canet. Compagne de Philippe Léotard, auquel elle donna la réplique dans La Balance de Bob Swaim, en 1982, et de Johnny Halliday, avec lequel elle partagea l’affiche du film Détective de Jean-Luc Godard, en 1985, Nathalie Baye, quatre fois césarisées, eut pour partenaires les acteurs les plus en vue, tels Gérard Depardieu, Alain Delon ou Leonardo DiCaprio. 
par Jacky Barozzi 3 avril 2026
Aujourd’hui Paris « Périscolaire à Paris : 78 animateurs suspendus depuis janvier, dont 31 pour suspicion de violences sexuelles « Il faut tout revoir depuis le début avec un objectif, la tolérance zéro », a déclaré le nouveau maire de la capitale, Emmanuel Grégoire, en présentant un plan d’action pour le périscolaire qui promet aux familles une « transparence totale » (Le Monde) Faisons crédit à Emmanuel Grégoire, qui a désormais les pleins pouvoirs pour agir. Une affaire à suivre de très près. Mais il y a tant d’autres dossiers en urgence : propreté, anti communautarisme, développement d’espaces verts, une circulation et mobilité plus harmonieuse, respect et entretien du patrimoine minéral et végétal, assainissement financier de la dette, maîtrise du budget, mesures favorables au retour de la classe moyenne dans la capitale, contrôle et régularisation des risques d’un excès touristique, physique et économique… Bref, un Paris avant tout plus favorable aux Parisiens, à pied, en vélo, en auto ou en métro-bus et tramway ! 
par Jacky Barozzi 3 février 2026
La toute nouvelle place Félix-Eboué (12e arr.) Les vieilles fontaines dont on fait les meilleures places Inaugurée le 31 janvier dernier, la nouvelle place Félix-Eboué (12e arr.), où la circulation automobile a été réduite à la portion congrue, fait la part belle aux piétons. Désormais, les véhicules ne peuvent plus passer que sur deux voies au nord de la fontaine, la partie sud étant réservée aux passants, cyclistes et véhicules de secours. Après 18 mois de travaux, réalisés par tronçons successifs afin de maintenir une circulation permanente et la remise à neuf de la chaussée, la place totalise aujourd’hui plus de 3 000 m2 d’espace piéton, 1 000 m2 d’espaces végétalisés, dont 270 m2 de pelouse. Elle s’est enrichie d’une soixantaine d’arbres de grand développement, venus renforcer les anciens sujets préexistants sur la place. Tandis que la fontaine aux Lions bénéficie d’une nouvelle mise en lumière et que tout autour de nombreux bancs, les grilles d’arbres, une fontaine Wallace, un kiosque à journaux et un bâtiment réservé aux associations de quartier ont été installés et s’inspirent tous du style haussmannien, propre au mobilier urbain de l'époque de création de la fontaine. Le budget initial de 8 millions d'euros a fait l’objet de plusieurs rallonges pour dépasser les 15 millions.
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par Jacky Barozzi 22 décembre 2025
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Bonjour tristesse à l’Hôtel de Ville ! A l’occasion du dixième anniversaire des attentats du 13 novembre 2015, un jardin en hommage à la mémoire des victimes vient d’être inauguré sur la place Saint-Gervais (4e arr.), au proche voisinage de l’Hôtel de Ville. Là, où s’élève devant la haute façade de l’église Saint-Gervais-Saint-Protais, un orme centenaire, présent et sans cesse renouvelé depuis le Moyen Âge, marquant symboliquement l’emplacement où la justice était jadis rendue. Ce nouveau jardin de 3 500 m2, plus minéral que végétal, s’organise autour de six grands blocs de granit bleu, symbolisant chacun les lieux des attentats : le Stade de France, Le Carillon / Le Petit Cambodge, La Bonne Bière / Le Casa Nostra, La Belle Équipe, Le Comptoir Voltaire et le Bataclan. Sur chaque bloc, sont gravées les noms des 132 victimes. Sans remettre en cause l’idée de trouver un site unique afin de rendre un hommage collectif à ces victimes, dont le nom figure déjà sur des plaques apposées devant chacun des lieux où les attentats se sont déroulés, on peut s’interroger sur l’opportunité de sanctuariser ainsi un espace géographique au coeur même de la capitale. Un enclos spécifique au cimetière du Père-Lachaise n’aurait-il pas mieux convenu ? Et pourquoi les seules victimes de cet attentat en particulier et non pas les nombreuses autres victimes d’attentats, des guerres civiles ou des divers combats de libération, qui ont ensanglanté l’histoire de la capitale ? A ce train-là, Paris tout entier ne serait plus qu’un vaste cimetière sous la lune !